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Vincent Courtois dévoile son sensible "Love of Life" inspiré par Jack London

Publié lepar Catherine Carette
Vincent Courtois, Daniel Erdmann, Robin Fincker - Photo de Loic Vincent
Vincent Courtois, Daniel Erdmann, Robin Fincker - Photo de Loic Vincent

En compagnie des saxophonistes Robin Fincker et Daniel Erdmann, le violoncelliste s'envole sur les traces des multiples vies de l'auteur majeur.

Après l'album Bandes Originales (2017), un hommage aux compositeurs de musiques de film, le trio atypique entre en résonance avec l'oeuvre singulière et émouvante de l'écrivain, militant socialiste, photographe, grand reporter natif d'Oakland. Le titre éponyme ouvre le voyage musical du trio, en tournée de la côte est jusqu'en Californie (et jusqu'à Seattle) pour mieux respirer les récits du chantre des grands espaces qui confronte l'homme à sa condition extrême. "On l'a joué sur la tombe de Jack London dans le parc de son ranch en ruine, en compagnie de son arrière petite fille, et le lendemain on était en studio", dixit Vincent Courtois précisant que si ce titre ouvre l'album, il est aussi celui qu'ils jouent en premier en concert.  

Je trouve ça très agréable de commencer comme ça . C'est un morceau assez inattendu, très court, lent et minimal. On pause tout de suite un décor, un rythme qui correspond au paysage et au tempo très lent, mais pas plombé, de cette nouvelle. Elle parle de quelqu'un qui va chercher au bout de son dernier souffle. Il y a là quelque-chose de vraiment libérateur.

Musicien exigeant, inspiré et virtuose, le violoncelliste parisien fondait son trio aux sonorités singulières il y a presque dix ans, avec deux saxophonistes ténors incontournables de la scène européenne qui partagent ses aspirations musicales, le Berlinois Daniel Erdmann et le Franco-Londonien Robin Fincker. "Avec le temps passé ensemble, les concerts, l'expérience et aussi l'amitié, on est très proches et ça s'entend dans la musique". Ensemble, ils se sont imprégnés de l'esprit des nouvelles de London pour en faire surgir la quintessence.  

Quand j'ai commencé à lire Jack London, la musique m'est arrivée immédiatement.

Dans la continuité de son album West (2015) qui était pour lui celui de la découverte de nouveaux espaces sonores, "Love of Life est celui où on y va", dixit le violoncelliste. "On avait besoin de sentir tout ce que l'on pouvait lire sur les paysages, la lumière, les personnes et aussi les rythmes... besoin d'être là, de le vivre". Et c'est ainsi que le trio voyageur augmenté de l'ingénieur du son Gérard de Haro (du studio français La Buissonne à Pernes-les-Fontaines), assisté par Gabriel Shepard, a enregistré sur les terres de Jack London, en public dans la baie de San Francisco, dans le célèbre studio 25th Street Recording :  

Love of Life nous embarque sur le versant combatif de l'explorateur qui repoussait ses limites pour aller toujours plus loin. Partons sur les traces du marin des bas-fonds d'Oakland, Martin Eden ; du nanti piégé par une grève générale ouvrière de The dream of debs ; au cœur du combat de l'homme face à la mort de To build a fire ou encore sur les chemins de l'errance du hobo de The road. On aime la musique à fleur de peau de ce jazz de chambre qui a pris l'air du large, l'éloquence de chaque musiciens, les climats de tension qui disent l'urgence de vivre de Jack London, les silences qui sondent la complexité de l'humanité. C'est tout simplement beau.

L'album enregistré en juin 2019 à Oakland est produit par La Buissonne et la Compagnie de L'imprévu. Il sort le 31 janvier sur le label La Buissonne. 

Love of Life - Photo de Loïc Vincent

En concert à Sons d’hiver le 23 janvier au Théâtre de Choisy-le-Roi