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Trans Musicales de Rennes : l’impatience programmée

Publié lepar Ghislain Chantepie
Le collectif californien Hello Forever, programmé aux Trans Musicales 2021 | Brandon Weiss
Le collectif californien Hello Forever, programmé aux Trans Musicales 2021 | Brandon Weiss

Le grand barouf hivernal des musiques actuelles fait son retour en live au mois de décembre prochain. Tour d’horizon des espoirs et des valeurs sûres de cette 43e édition.

Les Trans sont de retour, et pour de bon cette fois-ci. Le feuilleton de l’édition 2020 a en effet pu laisser un goût amer à la fidèle équipe du festival rennais, engagée des mois durant dans une course de fond pour trouver une formule idoine à cet événement qui réunit généralement près de 60.000 spectateurs - dont une majorité debout. Las, le contexte sanitaire épouvantable de l’an passé avait finalement douché les espoirs des organisateurs qui s’étaient alors rabattu sur une honorable édition virtuelle, offrant à voir derrière l’écran une sélection de groupes jouant (sans public) sur la scène du Trabendo à Paris.

2021 est donc synonyme de renaissance live pour l’inlassable transhumance bretonne qui rythme d’ordinaire la saison hivernale des musiques les plus actuelles. La confiance du public dans les élans prescripteurs de sa direction artistique demeure le trésor de guerre d’un festival qui a depuis longtemps cessé d’inviter dans son Parc des expositions des têtes d’affiches spectaculaires. Alors cette année plus encore, c’est bien l’envie de monter le son qui a guidé les choix de l’inoxydable Jean-Louis Brossard, tête chercheuse historique et âme musicale des Trans. Pas loin de 85 groupes sont ainsi attendus à Rennes le temps de ce gros week-end, avec une trentaine de nationalités représentées malgré les difficultés de voyage encore persistantes. Entre promesses et valeurs sûres, voici donc notre tour d’horizon d’une édition en forme d’impatience programmée :

Il y a d’abord les déçus de l’an dernier, ceux qui furent attendus mais n’ont pu fouler la scène des vastes halls du Parc des expositions pour cause d’édition annulée. Parmi les élus repêchés cette année (un bon tiers au total), on trouve encore quelques belles surprises venues d’ailleurs. Urban Village est en une, ce quatuor sud-africain programmé mercredi 1er décembre et qui ancre son quotidien et ses traditions musicales dans un folk spirituel et expérimental. Le lendemain, le tout jeune duo franco-arménien Ladaniva devrait remplir le Hall 08 avec sa formule mêlant jazz et maloya aux confins du temps, alors qu’ils s’étaient déjà prêté à l’exercice lors de l’édition virtuelle du festival.

Dans la lignée de leurs compatriotes d’Altin Gün qui avaient triomphé à Rennes il y a quatre ans, les nouveaux rebelles du rock turc Lalalar sont attendus vendredi 3 décembre au Hall 08. Nouvelle pépite du label suisse Bongo Joe, ce trio d’Istanbul marie son étrange psychédélisme à des productions électroniques inspirées qui donnent une vision musicale retro-futuriste de la scène anatolienne. Quelques heures avant au même endroit, on ira également savourer les rythmes afro-jazz du trompettiste et chanteur nigérian Etuk Ubong. 

Le lendemain à L’Étage (en centre-ville de Rennes), ne ratez pas non plus en l’énergie live de l’Israélienne Tamar Aphek et ses guitares rageuses. Plus rock encore, les Malgaches de Loharano qui tenteront de suivre les brillantes traces de leurs compatriotes Dizzy Brains qui avaient fait sensation à Rennes en 2015. Quant aux Bordelais de W!zard, ils passeront eux aussi probablement dans le rouge entre noise et post-punk dès jeudi 2 décembre sur la scène toujours aussi biscornue de la petite salle de Ubu.

Du côté des musiques électroniques et du hip-hop, ce sont les têtes les plus connues de ces 43èmes Trans Musicales qui tiendront l’affiche cette année. Le Parisien DJ Pone, ancien colistier des Birdy Nam Nam, viendra ainsi présenter samedi 05 décembre au soir son nouveau projet solo sur la scène du gigantesque Hall 09, accompagné pour l’occasion par Diziz, une autre étoile du rap tricolore aperçu aux Trans lors de son grand retour il y a trois ans. 

Autre figure qui joue (presque) cette année à domicile, le compositeur breton Yann Tiersen qui quittera quelques jours son île de Ouessant pour présenter jeudi soir au Hall 08 sa nouvelle création électronique. Le lendemain au même endroit, on ira également voir le nouveau projet de la pointure des dancefloors lisboètes Batida qui s’associe cette année au rappeur angolais Luaty Beirão dans une proposition de transe afro-rap et cyberpunk. 

Kelsey Brookes 2014 / Crystal Bridges Museum of American Art / Edward C.Robison III
Kelsey Brookes 2014 / Crystal Bridges Museum of American Art / Edward C.Robison III