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À Rennes, les Trans Musicales veulent franchir les frontières

Publié lepar Ghislain Chantepie
Crystal Murray, programmée au Liberté dimanche 6 décembre | Because Music
Crystal Murray, programmée au Liberté dimanche 6 décembre | Because Music

Le grand barouf des musiques actuelles maintient sa cuvée 2020 au mois de décembre prochain. Tour d’horizon des espoirs et des valeurs sûres d’une édition vraiment pas comme les autres.

Les 42èmes Trans Musicales de Rennes auront bien lieu. En tous cas, si les conditions sanitaires le permettent toujours d’ici le 02 décembre prochain, top départ annoncé de l’inlassable transhumance bretonne qui rythme d’ordinaire la saison hivernale des musiques les plus actuelles. 42, c’est aussi le nombre de kilomètres qu’un athlète doit peu ou prou parcourir pour achever l’épreuve reine du marathon. On imagine bien volontiers, à cet égard, la fidèle équipe du festival rennais dans une course de fond labyrinthique pour trouver depuis des mois une formule idoine à leur événement qui réunit habituellement près de 60.000 spectateurs (dont une majorité debout).

Alors, pour que les Trans puissent se tenir, sa voilure cette fois-ci sera nécessairement légère. 42, c’est donc également, le nombre d’artistes qui seront programmés à Rennes pour cette cuvée contre près de 90 formations l’an dernier. Exit ainsi les vastes halls du Parc des expositions de la cité bretonne qui accueillaient depuis le milieu des années 2000 la majorité des élans prescripteurs des Trans, nourris depuis leurs origines par l’inoxydable programmateur en chef Jean-Louis Brossard.

Autour d’une dizaine de salles et lieux répartis dans toute la ville - dont l’emblématique Liberté, les Trans reviennent donc cette année à Rennes avec une formule recentrée qui rappellera des souvenirs aux plus anciens festivaliers. Cinq journées où les frontières musicales devraient, malgré les contraintes de distanciation, être dépassées tant l’esprit de découverte et de métissage guide cette année encore les choix de programmation. Entre promesses et valeurs sûres, voici donc notre tour d’horizon d’une édition pas comme les autres.

Le mélange des genres est un pari généralement réussi aux Trans. En convoquant chaque année à Rennes les continents et les nationalités, le festival a pour habitude de donner à voir et à entendre le monde entier. Pandémie oblige, la sono des Trans sera un peu moins mondiale cette année mais promet tout de même quelques belles surprises venues d’ailleurs. Urban Village est en une, ce quatuor sud-africain programmé jeudi 03 décembre et qui ancre son quotidien et ses traditions musicales dans une folk spirituelle et expérimentale. La veille, le tout jeune duo franco-arménien Ladaniva pourrait faire mouche au même endroit avec sa formule aux confins du temps mêlant jazz et maloya.

Autre belle affiche d’outre-Manche de ces 42e Trans, le jeune collectif anglais Nubiyan Twist auteur l’an dernier d’un second album remarqué. Le talentueux guitariste Tom Excell et sa joyeuse troupe de vingtenaires seront à Rennes vendredi pour faire vivre en live une recette bien anglaise d'un melting-pot soulful tous azimuts, entre soul, afro-jazz et broken-beat. Le même soir, l’ensorcelante Canadienne Camilla Sparksss devrait de nouveau faire fureur avec son électro-punk instinctive. Tout aussi cognant, il faudra aussi aller prêter oreille ce samedi au sombre psychédélisme de Lalalar, ce trio stambouliote présenté par les diggers suisses du label Bongo Joe. Ou encore au metal malgache des trois LohArano qui devraient, même assis, faire headbanger sans problème le public de La Cité.

L’une des sensations de cette programmation 2020, c’est peut-être bien lui : James BKS, ce trentenaire parisien passé de l’ombre de la production pour les stars du hip-hop avant de prendre la lumière avec New Breed, un pavé afro-rap publié l’an dernier. Fils biologique de Manu Dibango et désormais protégé d’Idris Elba, ce garçon talentueux est attendu jeudi soir au Liberté juste après la neo-soul du Rennais Victor Solf, ancien comparse du regretté Simon Carpentier dans le duo Her.

Entre soul et house, on ira aussi écouter la toute jeune Crystal Murray répandre ses bonnes vibes lors de la soirée finale du dimanche soir. Un groove velouté porté par une poignée de singles qui en font aujourd'hui l’une des promesses de l’année. Plus tard au même endroit, c’est le saxophoniste français Laurent Bardainne, colistier de Poni Hoax et de moult autres projets au cours de la précédente décennie, qui viendra présenter à Rennes son premier long-format en solo dédié à la note bleue sorti l'an dernier.

Trans Musicales 2020
Trans Musicales 2020

Rencontres Trans Musicales, du 02 au 06 décembre à Rennes    
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