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À Rennes, le girl power réveille les Trans

Publié lepar Ghislain Chantepie et Guillaume Schnee
Los Bitchos le 06 décembre 2019 à Rennes | G. Chantepie
Los Bitchos le 06 décembre 2019 à Rennes | G. Chantepie ©Radio France

Les électriques Los Bitchos et Tribade ont monté le son lors de la seconde soirée grand-format du festival breton.

Un vent de fraicheur a bien soufflé vendredi soir sur les vastes halls des Trans Musicales. Alors que le thermomètre se faisait plus clément en échange d’une pluie intermittente, le festival breton offrait à voir cette seconde nuit des formations jeunes et féminines dont certaines ont fait passer le volume dans le rouge.

La veille déjà, l’Athénienne Marina Satti avait délivré dans le petit hall 03 un show plein de mystères et de fantasmes, pétri de folk balkanique et d’une pop sans frontière. Au même endroit ce vendredi, ce sont les cinq Londoniennes de Los Bitchos qui ont capté tous les regards (et les objectifs) lors d’un concert guetté comme le lait sur le feu. Parrainées en studio par l’Ecossais Alex Kapranos (Franz Ferdinand), Serra, Carolina, Josefine, Nic et Augustina orchestrent en live sous la forme d'un combo guitares, basse, clavier, batterie un rock purement instrumental et parfois exotique, teinté de psychédélisme et d’effluves colombiennes. 

Alors qu’elles font sur scène (et sur disque) l’impasse sur le micro, les Anglaises ont ainsi misé devant un public compact sur leur sex-appeal en jouant sans complexe avec tous les gimmicks rock, tombant parfois dans le piège de la monotonie, mais ne perdant jamais un fun régulièrement abondé à coup de bonnes rasades de tequila.

Tribade le 06 décembre 2019 à Rennes | G. Schnee
Tribade le 06 décembre 2019 à Rennes | G. Schnee ©Radio France

Plus loin, plus tard, ce sont les activistes de Tribade qui ont fait le plein au hall 08 pour une leçon de hip-hop franchement revigorante. Originaires de Barcelone, Bittah, Sombra Alor et Masiva Lulla ont tenu leur show en secouant rap et reggaeton sur des textes catalans bien acérés, levant le poing sur leurs chants féministes et anticapitalistes, et cognant cette grande scène d’une street-dance complice. Changement d’ambiance au milieu de la nuit dans l’immense hall 09 où la promesse Sud-coréenne Ocean Hye (on prononce ‘Hyé’) a pris les commandes des platines pour un set de tech-house très solide. Soigneusement mixée, sa sélection tribale et assez progressive s’est fondue peu à peu dans l’obscurité baignant un public scotché aux barrières, misant sur la froideur indus avant d’emprunter aux rythmes afro et latino des sonorités d’un autre âge jusqu’à frôler avec la transe.

Ocean Hye le 06 décembre 2019 à Rennes | G. Chantepie
Ocean Hye le 06 décembre 2019 à Rennes | G. Chantepie ©Radio France

Les femmes, encore, étaient au cœur de la formation Go Go Machine Orchestra, premier groupe taïwanais invité à Rennes. Une musique onirique et magnifiquement orchestrée, à la frontière entre l'ambient, la musique répétitive et le rock progressif. Avec sa fusion rêveuse de sonorités acoustiques, électriques et électroniques, le quintette, peu démonstratif, a plongé le public dans une méditation bouleversée par l'arrivée du groupe suivant Gilberto Rodriguez y Los Intocables. 

Gilberto Rodriguez le 06 décembre 2019 à Rennes | G. Schnee
Gilberto Rodriguez le 06 décembre 2019 à Rennes | G. Schnee ©Radio France

Car si la musique du combo de San Francisco est spirituelle et mystique, l'énergie a comblé les fans de groove latins en tous genres, avec ses éruptions funk et psychédéliques, ses improvisations vocales et tempêtes jazz fusion. Point de présence féminine chez les Megative, mais la formation de Gus Van Go a transformé son reggae sombre en un show festif de la fin des années 70 avec ce cocktail de punk britannique, de reggae et de dub. L'énergie et la fête étaient au programme aussi avec le collectif japonais Minyo Crusaders, mais comme l'an passé pour leurs compatriotes Ajate, le concert était programmé bien trop tard pour que le public profite de cette tornade groove jubilatoire où les chansons populaires min’yō se mêlent à un cocktail jouissif de cumbia, afro-funk et musiques caribéennes.

à réécouter
Gilberto Rodriguez Minyo Crusaders / Photo Fernando Rodriguez