Radiohead leaks : 18 heures de prises et quelques pépites

Publié lepar Ghislain Chantepie
Le groupe Radiohead à Los Angeles en 1997 | Jim Steinfeldt/ Getty
Le groupe Radiohead à Los Angeles en 1997 | Jim Steinfeldt/ Getty ©Radio France

Le groupe de Thom Yorke a mis en ligne de vastes archives issues des sessions d’OK Computer’, alors qu’un pirate informatique menaçait de les rendre publiques.

C’est une histoire qui fleure bon la fin des années 90. On y parle de leak, de mini-discs et de hackeurs rançonneurs. La bande-son de cette aventure est d’ailleurs parfaitement d’époque : *OK Computer, * troisième album de Radiohead publié en 1997 et qui devint au fil du temps l’un des disques les plus importants de cette décennie.

Une époque où le rock en était encore à pleurer la disparition de Kurt Cobain, se cherchant désespérément de nouveaux héros. Après l’électrique et massif The Bends  sorti en 1995, Thom Yorke et sa bande prenaient alors de vitesse leur époque avec cet OK Computer  révolutionnaire. Une aventure sombre, sonique et expérimentale portée par des tubes majeurs comme Karma Police  ou Paranoid Android  et qui préfigura la poussée électronique du groupe avec Kid A  cinq ans plus tard.

Célébré il y a deux ans à travers une luxueuse réédition anniversaire, ce moment crucial du groupe d’Oxford a certes déjà livré presque tous ses secrets avec la sortie de 3 titres inédits et de 8 faces B issues des sessions d’enregistrement originales. Que reste-t-il donc d’essentiel à dénicher dans ces longues heures de prises brutes, dont Thom Yorke estime lui-même qu’elles « ne sont guère intéressantes » ?

Des versions préliminaires de titres publiés bien plus tard d’abord, à l’image de ce *True Love Waits * primitif (MD111 - 15:55) seulement sorti en 2016 sur l’album A Moon Shaped Pool. Ou encore les premiers essais du groupe sur *Motion Picture Soundtrack * (MD114 - 33:21),une ballade plus tard épurée de ses racines rock dans sa version finale présente sur Kid A.

De nombreuses versions alternatives et autres recherches autour des titres originaux de OK Computer  ensuite, telles ces différentes prises du joyau *Paranoid Android * (notamment une assez longue à découvrir sur le MD115 à 5:35), même si la qualité d’enregistrement reste inégale. Quelques ébauches de titres totalement inédits enfin, repérés par les fans dans cette immense somme mais qui font davantage figure de timbres rares que de hits en puissance.

Les passionnés y trouveront malgré tout leur compte et pourront même, s’ils le souhaitent, acquérir l’ensemble de ces enregistrements pour environ 20 €, une somme reversée par le groupe au mouvement de désobéissance civile Extinction Rebellion  qui combat les politiques favorisant le dérèglement climatique. Bonne pêche !