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"The Slow Rush" : le nouvel album de Tame Impala en écoute

Publié lepar Ghislain Chantepie
Kevin Parker en 2016 à Berlin (Frank Hoensch/Redferns)
Kevin Parker en 2016 à Berlin (Frank Hoensch/Redferns) ©Getty

Kevin Parker est de retour avec un quatrième disque gravé de pop hédoniste.

Tame Impala a donc pris son temps. Ou peut-être pas vraiment, si l’on s’en tient au titre du nouveau long-format publié aujourd’hui par sa tête pensante Kevin Parker. Pour ce The Slow Rush, le trentenaire australien a mis cinq ans durant l’horloge du monde entre parenthèses pour concocter son propre sablier musical, une quasi-nécessité semble t-il après le couronnement que lui avait offert en 2015 le succès de son précédent disque Currents.

Au tournant de la décennie, Parker ne peut certes pas être insensible au temps qui passe, lui qui pile dix ans auparavant transperçait la planète rock en offrant au genre les épatantes symphonies psychédéliques de l’insolent Innerspeaker. Depuis longtemps pourtant, ce musicien-producteur aux instincts magistraux a remisé ses guitares au placard pour affiner sa potion magique de groove électronique, nourrie de mille influences mais surtout portée à ébullition par sa voix bionique pétrie de delay et de réverbération. Cette pop pétillante qui peut désormais virer jusqu’au disco est bien encore le cœur battant de ce nouveau The Slow Rush où Parker, souvent, joue sur ses variations d’humeur pour accorder à de nombreux morceaux la même recette.

Le temps qui passe, il en est partout question sur ce disque où la lumière du beat cache souvent les obsessions nostalgiques de son auteur, des souvenirs perdus de l'introductif One More Year jusqu’au final électrique de son faux-jumeau One More Hour où Parker réclame ne serait-ce qu’une minute de plus. Entre les deux, l’entêtant Borderline qui fit office de single l’an passé et dont les couleurs aveuglantes scintillent à coup d’échos et de flûtes virtuelles. Mais aussi le disco-funk de Breathe Deeper dont la légèreté apparente cache en réalité une quasi-supplique amoureuse, ou même encore les effluves brésiliennes de ce Tomorrow’s Dust qui prend l’allure d’un étrange miroir rétro déformant.

Goûtez donc aussi aux rayons laser de Lost In Yesterday, ils forment une quintessence de pop impalesque où tout semble parfaitement millimétré… sans vraiment l’être. Cette maitrise de Parker à tout assembler en évitant soigneusement les angles, on la retrouve enfin dans le tubesque Is It True, un groove obsédant aux basses futuristes qui en font sûrement l’un des meilleurs morceaux du disque. Car c'était écrit de longue date : pressé ou pas, Kevin Parker ne perd jamais.