Menu
Écouter le direct

Plus loin et plus fort, Yves Tumor survole les genres

Publié lepar Ghislain Chantepie
Yves Tumor au festival Club To Club en 2018 à Turin (Alessandro Bosio/Pacific Press/LightRocket)
Yves Tumor au festival Club To Club en 2018 à Turin (Alessandro Bosio/Pacific Press/LightRocket) ©Getty

Le détonnant producteur américain dévoile "Kerosene!", un hymne de rock princier tiré de son prochain album.

Jusqu’où ira Yves Tumor ? Si une réponse existe à cette question, elle se trouve probablement aux confins de la course de désorientation amorcée par le musicien américain il y a quatre ans avec la sortie de son album Serpent Music. Sur ce premier effort aux fondements électroniques, Sean Bowie de son (vrai ?) nom révélait son goût pour les combinaisons subtiles, maitrisant l’alliage risqué entre les boucles hypnotiques et des enregistrements de terrain, les nappes soul et des percussions organiques jusqu’à former, déjà, une mixture inclassable où germaient l’expérimentation et la transgression.

C’est bien dans ce creuset initial que le natif du Tennessee a forgé ses armes de producteur mutant, celles qui lui ont permis d’enfoncer le clou deux ans plus tard avec un second disque remarquable où il donnait alors franchement de la voix. Un long-format empreint de pop et d’un groove jusque ici inconnu chez cet artiste et qui n’avait pas échappé, alors, aux Anglais du label Warp. On se tromperait pourtant en réduisant cet éclectisme à ce qu’il fut, comme d’autres, un calcul de studio ou la longue traîne d’une quelconque tendance du moment. 

Maîtrisant la guitare, la basse, et la batterie autant que la composition électronique, Yves Tumor entretient ainsi un rapport libératoire avec son travail musical, le survol des frontières stylistiques n’étant qu’une expression parmi d’autres d’une mue personnelle et chaotique. Un fil rouge presque impossible à suivre, et qui ne se découvre sûrement pas mieux que dans l’intensité, voire la violence, de certaines de ses performances scéniques.

Nous sommes en 2020 et le protégé du rappeur Mykki Blanco a fait du chemin, annonçant en début d’année la suite de ses tribulations soniques avec un troisième album au premier simple grandiloquent. Aujourd’hui, Yves Tumor persiste et signe en dévoilant Kerosene!, un nouvel extrait qui prend la forme d’un hymne rock aux guitares princières et où s’enroule la voix de la chanteuse RnB Diana « Wynter » Gordon. Cette love-song en forme d’hommage assumé à ses héros de la fin du siècle dernier témoigne du virage électrique pris à la corde par l’Américain, et pourrait perler une bonne partie de son nouveau disque. Réponse dans les bacs le 03 avril prochain, toujours chez Warp.

En concert : le 21 mai au festival Villette Sonique (Paris)