Menu
Écouter le direct

Le régal punk de Juana Molina

Publié lepar Ghislain Chantepie
Juana Molina le 06 juillet 2018 au Théâtre de la Mer à Sète | G.Chantepie
Juana Molina le 06 juillet 2018 au Théâtre de la Mer à Sète | G.Chantepie ©Radio France

La mystérieuse chanteuse argentine offre une relecture sauvage à quatre de ses compositions dans un nouvel EP.

Lorsqu'on se retrouve face à Juana Molina, deux impressions surgissent de concert. Une classe magnétique d’abord, qui se dégage de cette chanteuse argentine née dans les années 60 et qui est bien loin de le laisser paraitre. Mais aussi une intelligence un peu barrée, et qui ne se découvre pas mieux que sur scène, lorsque cette laborantine du folk délivre en live le résultat de ses diverses expérimentations sonores.

Mentale, la musique de Juana Molina l’est assurément, jusqu'à devenir parfois hypnotique. Entre ses guitares et ses boucles électroniques, la sophistication musicale de cette chanteuse pourrait sembler de prime abord bien éloignée de l’énergie primitive du punk. Et pourtant, c’est bien une relecture radicale de quatre de ses compositions que l’Argentine a choisi de publier avec ForFun, un nouvel EP attendu le 25 octobre prochain chez les Belges de Crammed Disc.

L’histoire de ce nouveau disque est d’ailleurs à l’aune de la fantaisie cérébrale qui habite le travail cette musicienne particulièrement attachante. Programmés au festival de Roskilde l’an dernier, elle et ses deux comparses se sont trouvés privés de leur backline, perdu par la compagnie aérienne chargée de l’acheminer au Danemark. Plutôt que de renoncer à leur concert, ils ont entrepris de jouer sur scène avec rage, munis de la seule guitare de Juana et des instruments alors disponibles, à savoir un simple clavier et une batterie.

De cette expérience qui a enchanté le public danois sont nées des versions punk de plusieurs compositions de Juana Molina, parmi lesquelles cette relecture pleine d’urgence de Paraguaya, premier extrait dévoilé de ce nouvel EP. On est bien loin ici du métronome envoutant de la version originale du titre présent sur son album Halo, mais l’énergie primitive dégagée par la chanteuse impressionne d’autant plus qu’elle est particulièrement convaincante. Chapeau Juana.