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Le Far West homérique des Agamemnonz

Publié lepar Ghislain Chantepie
Les Agamemnonz | Hi-tide recordings
Les Agamemnonz | Hi-tide recordings

La formation rouennaise dévoile cette semaine « Amateurs », un nouvel album de surf-rock universel.

Un peu plus de 10.000 km séparent les sables du grand ouest américain des dalles marbrées de l’Acropole juchées au cœur d’Athènes. Et à mi-chemin (ou presque) de cette longue parabole aérienne, on pourrait peut-être discerner la petite Rouen et ses maisons à colombages d’où ont surgi il y une dizaine d’années l'insolite troupe des Agamemnonz. Difficile, certes, d’établir un lien immédiat entre la passion pour la surf-music du quatuor normand et l’esthétique néo-classique avec laquelle il s’amuse depuis sa création, de son nom de baptême emprunté au fameux chef mycénien jusqu’à ses chitons portés sur scène.

Qu’importe finalement, puisque Les Agamemnonz entendent d’abord faire vivre et perdurer au fil de ses sorties le cœur instrumental de la surf-music, ce rock instrumental né au courant des années 60 en Californie où la passion pour la longboard commençait alors à prospérer. Et après un silence dans les bacs de plusieurs années – leur dernier album Au revoir date déjà de 2015 –, voici les quatre Argonautes du rock n’roll de retour ce mois-ci avec leur nouveau bolide baptisé Amateurs, un troisième disque tourné lui aussi franchement vers l’Amérique. 

Signé pour l’occasion sur l’excellent label spécialisé du genre Hi-Tide Recordings, Amateurs est à prendre à l’aune de son titre saluant l’ingéniosité des vrais connaisseurs éclairés : une nouvelle collection de courtes escapades strictement instrumentales dans le folklore grésillant d’électricité et de réverbération qui hante d’habitude les enceintes de tous les amoureux de surf-music. 

Et parmi les quelques titres déjà publiés avant sa sortie le 11 juin prochain, on retrouve encore sans surprise, sur ce long-format des Agamemnonz, l’inspiration sacrée de leurs figures tutélaires en The, Ventures, Astronauts ou autres Tornadoes. Il n’est pas difficile, ainsi, de plonger tête la première avec ce Xiphias (du grec espadon) dont les cordes nerveuses ne jureraient pas dans un coin de Pulp Fiction. Ou, plus loin, de suivre la chevauchée d’Artemis qui opère pour l'occasion une partie de chasse assumée sur les terres brûlées des westerns moriconniens. N’oubliez pas la crème solaire.