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Le clin d'oeil inspiré de Hasse Poulsen à Tom Waits

Publié lepar Catherine Carette
Hasse Poulsen -Toms Wild Years - Photo de Christian Kirk Jensen
Hasse Poulsen -Toms Wild Years - Photo de Christian Kirk Jensen

Hommage au songwriter américain avec le guitariste-chanteur danois en session live depuis le cimetière de Søllerød.

En ces temps singuliers où la scène artistique est à l'arrêt, les artistes poursuivent leur chemin de création, avec ou sans public. C'est une question de survie. Dans cette expectative "parfois, dixit Hasse Poulsen, des petits miracles arrivent ", même dans les cimetières ! 

Pour moi, c'était il y a un peu plus de deux semaines lorsque Culturebox m'a contacté pour tourner un clip avec 3 titres de mon projet Tom's wild years qui aurait dû jouer au festival de Coutances. 

Voici donc Tell me de Tom Waits et Kathleen Brennan avec une introduction pour le travelling de la caméra ; Not Married Anymore, une composition de Hasse Poulsen et Jockey full of Burbon de Tom Waits  : 

C'est ainsi que Culturebox a provoqué la rencontre entre le guitariste et Jean-Gabriel Leynaud, réalisateur français vivant au Danemark. Heureuse coïncidence, "il habite dans ma ville de naissance à 2 kms de ma mère et à 3 kms de ma copine qui vit dans un endroit très beau, au milieu d'un cimetière". Une belle connivence s'est installée pour cette respiration inattendue inspirée par l’œuvre de Tom Waits que Hasse vénère depuis qu'il l'a découvert dans le film Down by Law, de Jim Jarmusch. : "J'ai proposé à Jean-Gabriel de filmer dans le cimetière, mais sans lui dire que  je m'imaginais bien partir de l'esthétique du Down by Law, donc quand c'est précisément ce qu'il a proposé je me suis dit : "En plein dans le mille"

Hasse Poulsen - Photo de Jean-Gabriel Leynaud
Hasse Poulsen - Photo de Jean-Gabriel Leynaud

Captée par les caméras du réalisateur et du cadreur/photographe Kim Wendt, la formation s'est remontée avec les musiciens du projet habitant au Danemark. Bent Clausen, (marimba et saxophone), compagnon de longue route de Tom Waits, Henrik Simon Simonsen à la contrebasse et Tim Lutte à la batterie et aux cuillères : "A la fin du film on nous voit partir et Bent boite sérieusement. Il avait une sciatique très grave qui ne permettait pas qu'il marche. Pour la scène de sortie il fallait parler d'autre chose avec lui - sa maison à la mer - pour qu'il oublie ses douleurs.

Photo de tournage de Jean-Gabriel Leynaud
Photo de tournage de Jean-Gabriel Leynaud

C'est sur une idée d'Armand Meignan pour Europajazz 2019, que Hasse Poulsen, guitariste et compositeur adoubé dans le jazz et les musiques improvisées, co-fondateur du groupe mythique Das Kapital avec Edward Perraud et Daniel Erdmann, a monté ce projet de haut vol en septet. Avec en plus Glenn Ferris au trombone, Peter Corser au sax ténor, clarinette, voix et Emmanuel Borghi aux claviers et piano. Si Tom's wild year fait écho à l’album Frank’s Wild Year enregistré par Tom Waits en 1987, le contenu est innovant : une sorte de jazz pirate avec des arrangements qui permettent à chaque instrumentiste de s'exprimer au mieux. "Nous sommes des musiciens de jazz, nous voulons la liberté", explique le guitariste, même si la tradition du jazz est une longue variation sur des thèmes connus.

Tom Waits est une grande source d'inspiration pour moi et j'ai écouté sa musique presque toute ma vie. Le son brut, les grands musiciens, les histoires évocatrices, sa voix caractéristique créent un univers qui m'inspire éternellement.