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"Eldorado", nouveau trésor de spleen de Kēpa

Publié lepar Ghislain Chantepie
Bastien Duverdier aka Kepa | Kevin Metallier
Bastien Duverdier aka Kepa | Kevin Metallier

Le guitariste basque annonce un second album et dévoile un clip curatif avec Sarah McCoy, à découvrir en avant-première.

Il fut l'une des jolies surprises du printemps 2018, de celles qui soudainement nous rappellent que la musique la plus curieuse surgit bien souvent des chemins de traverse. Avec la sortie il y a trois ans de son premier album Doctor Do Something, l'autodidacte Bastien Duverdier donnait officiellement naissance à Kēpa, son one-man-band de blues un peu cinglé. L'ancien champion de skate diagnostiqué d’une méchante maladie y conjuguait sa passion pour Bukka White et les guitares Dobro avec sa belle voix grave, un harmonica et tout un attirail sonore qu'il joue depuis intégralement seul sur scène.

En marge d’un concert donné lors du festival Eurosonic l’an dernier, Kēpa revenait sur cette nouvelle vie où la scène, à bien des égards, a pris pour lui des vertus thérapeutiques. « Cela fait assez peu de temps que j’arrive à dire que je suis malade car cela ne me paraissait pas concevable jusqu’à présent. Le disque parle de ça, de cette histoire un peu triste qui m’a quand même flingué ma vie d’avant ». Alors que le monde s’est brutalement enfoncé depuis dans une pandémie au long-cours, le guitariste basque a repris le chemin du studio pour écrire le second chapitre de cette seconde vie, un nouvel album baptisé Divine Morphine attendu le 17 septembre prochain.

Et si le titre de ce deuxième disque répond directement à celui du précédent volet, il se pique également de nouvelles mélodies comme son premier extrait Eldorado en témoigne aujourd’hui. Bien moins ferrailleur que certaines de ses compositions passées, ce morceau prend ainsi la forme d’une berceuse introspective et qui, comme toujours avec Kēpa, ne renonce pas à une sémillante auto-dérision. « Il y a du plomb dans l’eldorado », constate ainsi le guitariste qui multiplie les coups de coude à ce monde bloqué où les avions partent pour nulle part. Un trésor de spleen et de blues, rehaussé par la voix de la captivante Sarah McCoy, et auquel un clip vacillant d'absurdité offre une divagation particulièrement savoureuse.

En concert : samedi 18 septembre au festival Hop Pop Hop (Orléans)