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Avec "Spider Tales" Jake Blount exhume les racines africaines du folk américain

Publié lepar Guillaume Schnee
Jake Blount / Photo Michelle Lotker
Jake Blount / Photo Michelle Lotker

Le musicien revisite une collection de chansons de révolte et de survie du folklore américain arrachées aux cultures noires et indigènes.

Brillant banjoiste et violoniste de Rhode Island, Jake Blount est aussi un un activiste LGBTQ, engagé à remettre les identités queer dans ses récits (son groupe est également composé principalement de musiciens queer). Le titre de son premier album Spider Tales (Anansesem) fait référence à Anansi, un esprit de la mythologie ouest-africaine Akan surtout connu pour sa sagesse et son aptitude à armer le peuple contre des oppresseurs plus puissants que lui. Ces contes de l'araignée ont survécu et persisté parmi les esclaves africains et leurs descendants dans les colonies américaines pendant des siècles. Avec ses musiciens, Jake Blount fait revivre des titres de révoltes et de survie de la musique roots américaine souvent arrachée aux cultures noires et indigènes des États-Unis notamment dans les Appalaches.

Nous renvoyant à notre période actuelle d'escalade de la violence et de crise écologique, Jake Blount a sélectionné parmi ses 14 chansons anciennes des titres connus comme Where Did You Sleep Last Night, chanson sur les sans-abris à l'origine inconnue reprise par Lead Belly ou Nirvana, ou des titres méconnus comme The Angels Done Bowed Down, un gospel bluesy sur le lynchage tiré de American Negro Songs collectés par John W. Work III dans les années 30, Move Daniel une chanson du comté de McIntosh composée par les gens asservis de Gullah-Geechee qui décrit l'itinéraire sûr vers le fumoir du maître pour voler de la viande, ou encore Mad Mama's Blues écrite par Spencer Williams sous le pseudonyme de Duke Jones et enregistré en 1925 par la chanteuse de blues de Caroline du Sud Josie Miles, une chanson violente sur la vengeance contre l'oppression blanche.