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« Low Low E », les basses folles de Kēpa

Publié lepar Ghislain Chantepie
Kēpa au festival Hop Pop Hop à Orléans le 18 septembre 2021 | G. Chantepie
Kēpa au festival Hop Pop Hop à Orléans le 18 septembre 2021 | G. Chantepie ©Radio France

Le bluesman basque pousse à bout son harmonica dans un nouveau clip possédé extrait de son dernier album « Divine Morphine ».

Il fut l'une des jolies surprises du printemps 2018, de celles qui soudainement nous rappellent que la musique la plus curieuse surgit bien souvent des chemins de traverse. Avec la sortie il y a quatre ans de son premier album Doctor Do Something, l'autodidacte Bastien Duverdier donnait officiellement naissance à Kēpa, son one-man-band de blues un peu cinglé. L'ancien champion de skate diagnostiqué d’une méchante maladie y conjuguait sa passion pour Bukka White et les guitares Dobro avec sa belle voix grave, un harmonica et tout un attirail sonore qu'il joue depuis intégralement seul sur scène.

En marge d’un concert donné lors du festival Eurosonic il y a deux ans, Kēpa revenait sur cette nouvelle vie où la scène, à bien des égards, a pris pour lui des vertus thérapeutiques. « Cela fait assez peu de temps que j’arrive à dire que je suis malade car cela ne me paraissait pas concevable jusqu’à présent. Le disque parle de ça, de cette histoire un peu triste qui m’a quand même flingué ma vie d’avant ». Alors que le monde s’est brutalement enfoncé depuis dans une pandémie au long-cours, le guitariste basque a repris le chemin du studio pour écrire le second chapitre de cette seconde vie, un nouvel album baptisé Divine Morphine et qui prend la forme d’un véritable trésor de spleen et de blues.

Publié à l’automne dernier, ce second long-format de Kēpa se dévoile aussi en images à l’instar du premier single Eldorado qui fit l’objet d’un clip savoureux et vacillant d’absurdité. En guise de cadeau de dernière minute, le trentenaire a mis en ligne au creux des fêtes une vidéo pour le vrombissant Low Low E. Un morceau qui pousse à bout l’harmonica du Basque jusque dans sa tonalité la plus basse possible, et qui se découvre à l’écran sous la forme d’une chorégraphie possédée, le danseur Mickaël Conte entrant en résonance, et même en transe, face aux fréquences folles de son comparse devenu chaman. Classe.