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Aux Trans Musicales, un final rock et fantasque

Publié lepar Ghislain Chantepie
TEKE::TEKE aux Trans Musicales de Rennes le 04 décembre 2021 | G. Chantepie
TEKE::TEKE aux Trans Musicales de Rennes le 04 décembre 2021 | G. Chantepie ©Radio France

Le grand festival rennais s’est achevé samedi soir avec la partition survoltée de Folly Group, Antti Paalanen, et Teke Teke.

Le volume est monté d’un cran hier soir aux Trans Musicales. Parmi la vingtaine de formations alignées pour son final nocturne au Parc des expositions de Rennes, le festival a bravé le retour du froid en faisant la part belle aux guitares et à une électricité contagieuse qui a soudainement hissé le volume dans le rouge.

Comme la veille avec les Malgaches de Loharano, il fallait venir tôt ce samedi pour découvrir la fureur du jeune quatuor anglais Folly Group. Dans la moiteur du petit hall 03, les quatre Londoniens ont immédiatement impressionné par leur discipline et leur maitrise rigoriste d’un post-punk perfusé de dance-music, sublimé aussi par leur charismatique chanteur-batteur Sean Harper et une basse entêtante qui a pu évoquer celle de leurs talentueux compatriotes de Black Midi (un concert à revivre en vidéo via Culturebox). Bien plus tard au même endroit, c’est l’âge d’or du rock seventies qui fit l’objet d’un revival renversant avec les jeunes chevelus de Komodrag and The Mounodor, sept Bretons comme surgis d'un autre temps avec leurs looks impeccables, leurs hymnes hédonistes, et leurs deux grosses batteries.

Folly Group aux Trans Musicales de Rennes le 04 décembre 2021 | G. Chantepie
Folly Group aux Trans Musicales de Rennes le 04 décembre 2021 | G. Chantepie ©Radio France

Dans un hall 08 rougeoyant, c’est le malström psychédélique des Montréalais TEKE::TEKE qui a fait le plein en milieu de soirée. Déclinant leur surf-music jusqu’à une forme d’énergie punk, cette troupe iconoclaste menée par son guitariste Hidetaka Yoneyama, sa multi-instrumentiste Yuki Isami et la chanteuse Maya Kuroki a réinventé en live la tradition musicale nippone dans un show quasi-cinématographique où trombone et flûtes magnétiques ont fait mouche. Une ambiance chaleureuse que, plus tard, le brûlant Jaz Delorean et ses Tankus the Henge ont porté jusqu’à la sueur au même endroit avec leur rock ‘n’ roll de saloon mâtiné de ragtime et un sens du show né dans la fièvre des pubs londoniens.

Au même moment ou presque, la vraie star de ce samedi soir prenait place au hall 03. Les Trans Musicales ont de longue date cette malicieuse manie de brouiller les pistes sur leurs véritables têtes d’affiches. Qui aurait misé, ainsi, sur l’improbable Antti Paalanen pour décrocher davantage de suffrages que des pointures telles que DJ Pone alignées dans l’immense hall 09 ? Bien loin du set sombre et métallique de l’ancien Birdy Nam Nam, l’accordéoniste finlandais a pris place sur une chaise tel un conteur sur scène, un grand-père punk qui allait en musique bien au-delà du personnage rocailleux qu’il se plaisait à camper.

Antti Paalanen aux Trans Musicales de Rennes le 04 décembre 2021 | G. Chantepie
Antti Paalanen aux Trans Musicales de Rennes le 04 décembre 2021 | G. Chantepie ©Radio France

Rugissant de sa voix gutturale, cet artiste total a ainsi emmené une foule compacte et aux anges dans les méandres de sa composition colossale, mêlant la mélancolie romantique de titres soufflés par son chien (dit-il) à des beats dancefloor qu’il contrôlait lui-même par le tempo du pied. Un folklore rétro-moderne audacieux où fable et réalité semblaient se confondre, et dont certains effluves celtiques ont trouvé un écho immédiat, et jusqu’au triomphe, chez le public breton.

FIP est partenaire des 43e Trans Musicales de Rennes. Sessions vidéo, concerts live, interviews suivez les Trans sur fip.fr durant tout le festival avec Culturebox.

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