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Robbie Shakespeare, moitié de Sly and Robbie, est mort

Publié lepar Ghislain Chantepie
Robbie Shakespeare à Londres en juillet 1984 (credit : David Corio)
Robbie Shakespeare à Londres en juillet 1984 (credit : David Corio) ©Getty

Le légendaire bassiste jamaïcain qui avait travaillé avec Mick Jagger, Bob Marley, ou encore Grace Jones vient de s’éteindre à l’âge de 68 ans.

C’est un nouveau géant du reggae qui vient de nous quitter. Après la disparition de Lee Scratch Perry cet été, Robbie Shakespeare, bassiste et producteur de légende, vient de s’éteindre hier en Floride à l’âge de 68 ans des suites d’une maladie rénale d’après plusieurs médias jamaïcains, une information confirmée par un message de condoléances sur Twitter du premier ministre de son pays :

Inséparable du batteur Sly Dunbar depuis le milieu des années 70, Robbie Shakespeare formait avec son complice le duo rythmique le plus productif de Kingston, n'hésitant pas à s'aventurer vers d'autres sphères avec Bob Dylan, The Rolling Stones, Gilberto Gil, Gainsbourg, Joe Cocker, Tricky, Carlos Santana, ou encore en 2018 avec le trompettiste norvégien Nils Petter Molvaer.

Né en 1953 à Kingston, Shakespeare avait appris la guitare acoustique avant de se convertir à la basse après avoir convaincu Aston “Family Man” Barrett, légende des Upsetters, de lui enseigner les secrets de l’instrument à quatre cordes. Au milieu des années 70, il rencontre Sly Dunbar au sein du backing band The Revolutionaries qui fut l’une des premières formations à populariser le Rockers, ce nouveau rythme reggae où le beat de batterie emprunte au funk et au disco.

Très vite, les deux musiciens se font connaitre par leur sens inné du groove et offrent leurs services à de nombreuses légendes de l’île (U Roy, Peter Tosh, Max Romeo) ou encore Black Uhuru dont ils partagent le succès en décrochant un Grammy Awards et une tournée en première partie des Rolling Stones. Robbie Shakespeare fut ainsi de toutes ces aventures de l’âge d’or du reggae, travaillant avec des artistes de tous horizon tels Serge Gainsbourg pour son album Aux armes et cætera ou d’autres stars internationales tels que Bob Dylan, Mick Jagger, Sting, Madonna, Gilberto Gil, ou encore Grace Jones.

Plus tard, au début des années 90, le tandem embrassa la vague du dancehall qui déferlait alors dans les productions reggae avant d’infuser là encore leurs instincts rythmiques dans certains des plus gros tubes de la fin du siècle dernier en produisant, notamment, le Hey Baby de No Doubt publié en 2001 sur l’album Rock Steady. Il y a deux ans encore, Robbie Shakespeare retrouvait son vieux comparse sur The Final Battle, un album au titre prémonitoire qui réunissait pour l’occasion une pléiade de légendes vocales du reggae partageant les riddims avec Roots Radics, groupe culte du early dancehall et rub-a-dub.