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Lee ‘Scratch’ Perry, prophète du dub et du reggae, est mort

Publié lepar Ghislain Chantepie
 Lee 'Scratch' Perry en concert en 1992 à Amsterdam. (Frans Schellekens/Redferns)
Lee 'Scratch' Perry en concert en 1992 à Amsterdam. (Frans Schellekens/Redferns) ©Getty

Le sorcier du son jamaïcain s’est éteint ce dimanche dans un hôpital de son pays à l’âge de 85 ans.

Le vieux lion du dub n’est plus. Lee ‘Scratch’ Perry s’est éteint ce dimanche à l’âge de 85 ans selon plusieurs médias jamaïcains dans un hôpital du nord de l’île, une information confirmée par un message de condoléances sur Twitter du premier ministre de son pays :

Cela faisait ainsi près de neuf décennies que Rainford Hugh Perry avait vu le jour au fond d’un village pauvre et reculé de la Jamaïque coloniale. Une trentaine d’années plus tard, alors que l’île s’affranchissait enfin de la tutelle britannique, l’homme devenait l’une des figures les plus respectées de la scène musicale de son pays, gagnant sa renommée de chanteur en même temps que son fameux surnom « Scratch », et produisant bientôt certains classiques des Wailers tels African Herbsman ou encore Soul Revolution.

Dans ces années 70 qui firent sa célébrité, l’homme multiplia les collaborations et fonda à Kingston son mythique studio Black Ark où passèrent les plus grands, de Max Romeo à Paul McCartney sans oublier Bob Marley dont il guida les premières productions majeures. Ce furent aussi les grandes années de son collectif à géométrie variable The Upsetters qui l'accompagna sur scène comme en studio, et qui compta en son sein durant cet âge d'or d'illustres musiciens jamaïcains aux destins fameux parmi lesquels les frères Barrett, Robbie Shakespeare et Sly Dunbar, ou encore le guitariste Ernest Ranglin.

A un âge canonique où il eut pu sans regret tirer sa révérence, ce géant n’a pourtant cessé ces dernières années de publier de nouveaux projets, ultimes pépites pour un producteur considéré par ses pairs comme l’un des derniers sorciers du son. Il y a deux ans encore, Lee ‘Scratch’ Perry offrait ainsi une suite à son Black Album façonné avec Danny Boyle avec un projet quasi-biographique baptisé sobrement Rainford. Un disque très personnel où planait son inoubliable voix burinée, mais qui s’appuyait aussi sur l’association éprouvée entre le Jamaïcain et le producteur anglais Adrian Sherwood, l’un de ses plus fidèles compagnons de studio depuis les années 80.