Menu
Écouter le direct

"Bayne Lay Yihedal" le reggae mystérieux de Hailu Mergia

Publié lepar Guillaume Schnee
Hailu Mergia / Photo Ian GC White
Hailu Mergia / Photo Ian GC White

Le claviériste continue d'élargir la palette sonore de son éthio-jazz avec cette ballade dub transcendantale extraite de son nouvel album "Yene Mircha".

Héros un temps oublié de la scène éthio-jazz d’Addis-Abeba des années 70, le compositeur, claviériste et accordéoniste Hailu Mergia s'est vu offrir une deuxième carrière grâce au label Awesome Tapes From Africa. Rompant quinze ans de silence discographique le musicien sortait ainsi en 2018 l'excellent album Lala Belu. Improvisateur hors pair l'artiste de 74 ans continue de réinventer sa musique mystérieuse et extatique sur son nouveau projet Yene Mircha (« Mon choix » en amharique) dont il dévoile le titre Bayne Lay Yihedal :

Parmi ses musiciens, Alemseged Kebede (basse) et Ken Joseph basés à Washington D.C. forment le noyau dur autour duquel un groupe élargi offre une puissante continuité à l’esprit jazz contemporain avec lequel flirte déjà l’album précédent. Toujours en quête de nouveaux sons le multi-instrumentiste a convié pour ce nouveau voyage sonore mystérieux et hypnotique le maître du mesenqo (instrument à cordes traditionnel) Setegn Atenaw, la chanteuse Tsehay Kassa et le légendaire saxophoniste Moges Habte, compagnon d'Hailu Mergia dans le célèbre Walias Bandi. Entièrement produit par Mergia lui-même, l’album présente à la fois des compositions originales mais aussi des chansons issues du répertoire d’Asnakesh Worku ou encore Teddy Afro.

Hailu Mergia / Photo Avery Leigh
Hailu Mergia / Photo Avery Leigh

Hailu Mergia été un acteur majeur du Swinging Addis (la scène éthio-jazz d’Addis-Abeba) dans les années 70s aux côtés d'artistes comme Mulatu Astatke, Alémyahu Esthete ou Girma Bèyènè. Au début des années 80 l'artiste part aux Etats-Unis en tournée avec son groupe le Walias Band et s'installe à Washington où il continue à jouer dans l'anonymat pendant quelques années, il enregistre quelques titres en home studio, devient gérant de club puis chauffeur de taxi dans la capitale. Redécouvert en 2013 grâce au label Awesome Tapes From Africa qui réédite ses œuvres, dont il ne reste alors que quelques rares exemplaires dans le monde, au format cassette. Ainsi, les trésors enfouis Hailu Mergia And His Classical Instrument  (1985), Tche Belew  (1977) puis Wede Harer Guzo  (1978) seront déterrés et offrent à Hailu une deuxième vie artistique.