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« Ordunun Dereleri », les synthés nocturnes d’Altın Gün

Publié lepar Ghislain Chantepie
Altin Gun | Sanja Marusic
Altin Gun | Sanja Marusic

Le sextet turco-néerlandais annonce un nouvel album et dévoile un premier clip de folk électronique et ténébreux.

Et de trois. Trois albums en trois ans pour Altın Gün, cette formation turco-néerlandaise fascinée par la scène alternative stambouliote des années 70 et emmenée depuis sa création par le Batave Jacco Gardner. Et le défi, toujours, de pouvoir renouveler chaque fois une formule où des rythmes anatoliens cinquantenaires sont revisités version groove-rock psychédélique. Une recette qui a fait leur succès en live et leur a offert une reconnaissance éclair, alors que le groupe arpentait dès sa création les scènes de toute l’Europe au cours d’une tournée-marathon.

Déjà avec On, leur premier disque publié il y a deux ans, le sextet avait évité l’écueil d’un album pittoresque en offrant à ses compositions et à ses reprises les couleurs d'une palette psychédélique particulièrement en vogue actuellement. Rebelote l’an dernier avec Gece, un second jet flamboyant où leur cocktail sophistiqué de rock électrique, de ballades au groove suranné, et de bouffées nu-disco éloignait plus encore le groupe d’un simple revival piégeux.

Loin des scènes cette année comme tant d’autres, les six d’Altın Gün entendent pourtant préparer l’avenir aujourd’hui en annonçant donc un troisième long-format. Baptisé Yol, ce nouvel album est attendu au mois de février sur le label Glitterbeat et se dévoile dès aujourd’hui avec un premier extrait qui, de nouveau, prend la tangente. Certes, Ordunun Dereleri puise bien son histoire dans une chanson d’amour turque folklorique à l’instar de nombreuses compositions passées du groupe. 

Mais cette fois-ci, le frontman du combo Erdinç Ecevit a troqué son saz électrique pour des claviers ténébreux, enrobant son chant tragique de lignes de synthés nocturnes inédites jusqu’à présent chez Altın Gün. Loin de l’ardeur de leurs premiers tubes, cette tentative électronique éclaire le groupe d’une lumière noire qui ne manque pas de charme. Partant, le clip atmosphérique qui accompagne ce nouveau morceau est un joli défi au confinement avec sa fugue sylvestre et hivernale au fin fond des Pays-Bas. À suivre.