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Festival Eurosonic : près de 200 concerts à vivre en ligne

Publié lepar Ghislain Chantepie
ESNS (Eurosonic Noorderslag) | Jorn Baars
ESNS (Eurosonic Noorderslag) | Jorn Baars

En dépit de l’annulation de son édition physique, le grand barouf hivernal voit grand avec un déluge de découvertes européennes.

L’ambiance sera certes bien différente. A l’instar de la quasi-totalité de ses alter-ego européens, le festival ESNS (Eurosonic Noorderslag) a dû se résoudre à annuler son édition initialement programmée du 13 au 16 janvier à Groningue. Comme chaque année depuis 35 ans maintenant, c’est pourtant cette charmante bourgade néerlandaise pleine de vélos, de péniches et de canaux, qui devait accueillir une nouvelle fois ce grand barouf musical européen. 

Un rendez-vous en forme d’institution où se ruent d’habitude les dizaines de milliers d’étudiants qui forment un fidèle public pour les innombrables salles de concerts et autres clubs que compte la ville. En lieu et place de ce ping-pong réjouissant où se narguent d’ordinaire la musique et la jeunesse, Eurosonic a donc dû renoncer provisoirement – pandémie oblige – à son édition physique et au charme magnétique de la capitale septentrionale des Pays-Bas. 

Pas question pour autant pour les organisateurs de faire une croix sur le déluge d'émergence qui caractérise, plus qu’ailleurs, cet attachant festival batave. S’appuyant sur l’expérience acquise ces derniers mois par ses confrères, Eurosonic a donc planifié une édition numérique à sa mesure avec près de 200 concerts à vivre en ligne le temps d’un gros weekend. Un chiffre impressionnant au regard des 350 groupes qui viennent d’ordinaire jouer chaque année sur les scènes de Groningue depuis les quatre coins de l’Europe.

Avec 36 pays du continent représentés, cette édition numérique n’est donc pas en reste et propose de suivre ses showcases (sans public) au travers de quatre flux vidéo simultanés disponibles via le site internet du festival. Même si la plupart des performances ont été enregistrées en amont par des médias partenaires, le programme n’en reste pas moins impressionnant pour un événement digital et mêlera comme toujours l’ensemble des variations stylistiques du moment. Précision utile pour un festival qui n’est d’habitude pas à la portée de toutes les bourses, cette version numérique est totalement gratuite et profitera donc au plus grand nombre chez les amateurs de nouveaux talents. 

Parmi les têtes connues ou à redécouvrir, ne ratez donc pas dès demain la pop-soul de Benny Sings et le combo psyché thaï-funk Yīn Yīn, deux formations bataves qui jouent ici à domicile. Mais aussi le poète voyageur David Walters (artiste fip), tandis que le Caennais Samba de la Muerte fera également résonner ses beats organiques en fin de soirée. Le lendemain, au tour du tandem franco-arménien Ladaniva et de la jeune chanteuse néo-soul néerlandaise Nana Adjoa d’ouvrir les hostilités avant des retrouvailles en clôture avec le surdoué James BKS et les habituels de l’étape Altin Gün. 

Ne ratez pas non plus ce vendredi, et à la veille du traditionnel samedi dutch-only, quelques Frenchies parmi lesquels la productrice techno CloZee, la promesse soul Crystal Murray et le Neue Grafik Ensemble, ou encore les amis belges de Yellowstraps et ceux d’Under The Reefs Orchestra. Et pour les nostalgiques de l’iconique Eierball, cette sorte de croquette fourrée d’un œuf conçue à Groningue dans les années 50 - et qui fait d’ordinaire fureur entre deux concerts au creux de la nuit -, le festival vous propose cette année une recette en vidéo avec le grand chef néerlandais Steven Klein Nijenhuis afin de les réaliser vous-même à la maison. Vous êtes parés.