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Laura Perrudin invite Becca Stevens sur l'ensorcelant "The W Word"

Publié lepar Catherine Carette
Laura Perrudin - Photo de Jean-Baptiste Millot
Laura Perrudin - Photo de Jean-Baptiste Millot

La chanteuse-harpiste dévoile un clip militant de "Perspectives & Avatars", un nouveau disque de pop expérimentale avec ses acolytes Philippe Katerine, Mélissa Laveaux, Emel Mathlouthi, Ian Chang...

La musicienne, compositrice, productrice, autrice, Laura Perrudin arpente les territoires de son imaginaire foisonnant, riche de bidouillages électroniques en tous genres. Après Impressions (2015) et Poisons & Antidotes en 2017, elle nous embarque dans les jeux de rôle et les combats de son nouvel album Perspectives & Avatars, 12 chansons qui chacune, est un personnage, comme cette sorcière incarnée par la géniale artiste Becca Stevens.

A ce sujet, Laura Perrudin évoque la période de la Renaissance, où la chasse aux sorcières allait bon train. Des dizaines de milliers de femmes ont été torturées, massacrées. Les historiens ont longtemps négligé le féminicide de ces dames de caractère, indépendantes ou insolentes qui ont fait les frais de la misogynie ambiante : "En somme, toute femme se dispensant de la présence d'un homme pour vivre pouvait être suspectée. Depuis des siècles, des femmes artistes ont été invisibilisées et progressivement effacées de l'histoire par un mystérieux phénomène d'évaporation".

Ne comptez pas sur Laura Perrudin pour s'effacer derrière les diktats de l'industrie du disque. Nourrie de jazz, pop, folk, hip-hop ou encore de musique classique ou électronique, Laura Perrudin refuse les étiquettes et invente une pop organique aux contours insaisissables. Adepte du jeu jazz de figures comme le saxophoniste Wayne Shorter qui utilise un langage harmonique, elle s'est fait construire une harpe chromatique (comme un clavier de piano) dotée de pédales d'effets électrique (comme une guitare) par le luthier Philippe Volant. 

Sur scène elle aime multiplier les possibilités de son instrument et mettre ses sons en boucle grâce à un looper. Joués en direction d'un ampli basse, d'un ampli guitare, d'une grosse caisse ou encore d'une caisse claire, ils sont ainsi mixés par le sonorisateur afin de donner un rendu d'orchestre.

On aime cette pop très accessible qui révèle un travail à couches multiples sur la texture sonore, les tensions harmoniques, à la manière de Björk. On aime aussi les considérations existentielles et l'humour décalé de ce disque, comme sur le titre Push me incarné par un Philippe Katerine robotisé : "Êtes vous satisfait de la propreté des toilettes aujourd'hui ? Un ressenti, une petite note ? Poussez mon bouton."

Laura Perrudin est en concert le samedi 12 septembre dans le cadre du Jazz à la Villette de La Cité de la Musique - Philharmonie de Paris. "Perspectives & Avatars" sort le 9 septembre