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Exclu : « Yol », le nouvel album d’Altın Gün

Publié lepar Ghislain Chantepie
Altin Gun | Sanja Marusic
Altin Gun | Sanja Marusic

Le sextet turco-néerlandais réinvente son folk psychédélique sur un troisième disque, à découvrir en écoute intégrale.

Et de trois. Trois albums en trois ans pour Altın Gün, cette formation turco-néerlandaise fascinée par la scène alternative stambouliote des années 70 et emmenée depuis sa création par le Batave Jacco Gardner. Et le défi, toujours, de pouvoir renouveler chaque fois une formule où des rythmes anatoliens cinquantenaires sont revisités version groove-rock psychédélique. Une recette qui a fait leur succès en live et leur a offert une reconnaissance éclair, alors que le groupe arpentait dès sa création les scènes de toute l’Europe au cours d’une tournée-marathon.

Déjà avec On, leur premier disque publié il y a trois ans, le sextet avait évité l’écueil d’un album pittoresque en offrant à ses compositions et à ses reprises les couleurs d'une palette psychédélique particulièrement en vogue aujourd’hui. Rebelote en 2019 avec Gece, un second jet flamboyant où leur cocktail sophistiqué de rock électrique, de ballades au groove suranné, et de bouffées nu-disco éloignait plus encore le groupe d’un simple revival piégeux.

Loin des scènes cette année comme tant d’autres, c’est donc coincés à domicile que les six d’Altın Gün ont imaginé l’avenir en mettant la dernière main à leur troisième long-format. Un disque qui propulse cette fois-ci la formule fondatrice du groupe dans une intention rétro-futuriste assumée. Formant depuis toujours le cœur de leurs compositions, de nombreux classiques anatoliens sont ainsi réinventés sur ce Yol à l’aune d’une synth-pop exogène et risquée mais qui, souvent, fait mouche. 

Premier extrait dévoilé de ce nouveau disque, Ordunun Dereleri prenait ainsi déjà la tangente avec un Erdinç Ecevit troquant pour l’occasion son saz électrique contre des claviers ténébreux, jusqu'alors inédits chez Altın Gün. Plus loin, c’est le fiévreux Yüce Dağ Başında qui reprend ce credo avec une inspiration space-disco qui semble taillée pour le dancefloor, tandis que Bulunur mu pourra tout de même surprendre par ses accents pop d’un autre temps.

Ce mix entre fausse modernité et vrai folklore enrobe ainsi une bonne moitié de ce troisième disque, jusqu’à sa love-song finale Esmerim Güzelim aux effluves sinisants. Un groove plus traditionnel, pourtant, vient aussi contrebalancer cette direction au travers de nombreux titres qui raviront les fans historiques du groupe. C’est le cas avec Hey Nari, un classique du chanteur turc Çekiç Ali digne des premières productions d’Altın Gün. Ou encore sur l’enjoué Maçka Yolları Taşlı, piqué de ses couleurs chaudes et de sa redoutable ironie. À (re)voir sur scène, dès que possible.