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I Ain't Got Nothing But The Blues

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I Ain't Got Nothing But The Blues
Yuval Amihai
LABELFresh Sound Records
SORTIEmars 2018

Sur ce troisième album, le guitariste et son trio nous invitent à un voyage swing et blues éblouissants, d'Israël à New-York en passant par Paris.

Sa note est claire et aérienne, son swing subtil, tout en retenue, son blues est épuré, Yuval Amiha i, en maître de la mélodie, préfère la justesse aux démonstrations virtuoses pompeuses. Avec tout son talent, le guitariste et compositeur israélien a déjà fait vibrer les scènes de son pays natal avant d'éblouir les clubs parisiens pendant douze ans puis ceux de la Grande Pomme où il réside aujourd'hui. En 2012, on pouvait déjà s'extasier du lyrisme et de l'élégance de son jeu sur l'album Yuval Amihai Ensemble, suivi trois ans plus tard par le tout aussi réussi Longing. C’est en trio, avec le bassiste Damien Varaillon et le batteur Gautier Garrigue, que Yuval Amihai a enregistré sa dernière oeuvre I Ain't Got Nothing But The Blues.

Se lancer dans un album de reprises de grands standards de jazz est un exercice hautement périlleux, pourtant Yuval Amihai et ses complices rayonnent quand il joue Duke Ellington (I ain't nothin’ but The blues ), Oliver Nelson (Stolen Moment), Van Heusen (Polka Dote and Moonbeams), Keith Jarrett (So Tender), Rodgers-Hart (You Are So Beautiful) et même un époustouflant Michel Legrand (de Delphine à l’ancien).

Je voulais m’inscrire dans la culture populaire du jazz, à travers ses standards. Je n’ai pas suivi de démarche musicologique. Finalement, cet album reflète ma trajectoire, chaque titre évoque un pan de mon histoire, de mes racines. _Yuval Amihai _

Avec une apparente simplicité, les musiciens renouent avec l'émotion originelle de ces thèmes pourtant entendus mille fois. Le trio, parfois rejoint par le trompettiste Hermon Mehari et le saxophoniste Amit Friedman, rembobine la bande-son du jazz pour proposer ses propres bandes originales, comme sur les trois compositions originales superbes de l'album. L'artiste fait chanter les notes comme il joue, en apesanteur, avec les frontières en jonglant avec les répertoires, frayant dans le jazz cool, le bop, les shuffles blues et les chants israéliens.

Yuval Amihai / DR ©Autre

Mon but, c’est que les auditeurs soient touchés par la musique, non refroidis par l’aspect technique. Je me méfie des démonstrations et des concepts pompeux. A mes yeux, la musique doit être universelle, partagée par tous et non la propriété d’une chapelle de spécialistes. _Yuval Amihai _