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L’envoûtant "Savane" d'Ali Farka Touré réédité

Publié lepar Catherine Carette
Ali Farka Toure 1994 à Amsterdam - Photo de Frans Schellekens/Redferns via Getty
Ali Farka Toure 1994 à Amsterdam - Photo de Frans Schellekens/Redferns via Getty

Le 6 septembre, le testament musical remastérisé du pionnier du blues du désert sera disponible en double vinyle et en digital.

Racheté par BMG l'année dernière, le fameux label World Circuit (Buena Vista Social Club, Cheikh Ndiguel Lô ...) mené par Nick Gold ("fils", ami et producteur d’Ali Farka Touré) prépare des nouveautés pour 2020. En attendant de les découvrir, notez cette belle réédition en vinyle remastérisée pour la rentrée. C'est en 2006 que le légendaire guitariste et chanteur malien Ali Farka Touré, décédé des suites d'un cancer des os en mars 2006, donnait le jour a son dernier album nominé pour un Grammy dans la catégorie "Meilleur album de musique du monde contemporaine". Enregistré à Bamako avec un groupe traditionnel formé des joueurs de N'goni, Bassekou Kouyaté, Mama Sissoko et Dasy Saré, Savane mêle les rythmes traditionnels du nord du Mali au blues américain.

Nommé Farka « âne à deux pattes » par sa mère, pour que les esprits (qui laissent les animaux tranquilles) s'écartent, Ali Farka Touré est resté ancré dans les traditions songhaï et peule de la région sahélienne de Tombouctou. C'est d'ailleurs à Niafunké, son village natal (à 1200 Kms au sud de Tombouctou), dont il fut le maire dès 2004, qu'il a écrit la musique et les textes de Savane, entre ses déplacements dans les champs, les montages de pompes à eau et les constructions de canaux d’irrigations. C'est sans doute l'oeuvre la plus aboutie du musicien le plus emblématique de l'héritage tribal africain qui, on s'en souvient, a croisé ses cordes avec Taj Mahal, John Lee Hooker et Ry Cooder.

Ce n'est pas la musique qui est importante (...) Il faut qu'on entende ce qui se dit dans la musique.