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Mort de Mory Kanté, légende de la musique guinéenne

Publié lepar FIP.fr avec AFP
Mory Kanté sur scène avec sa kora en juillet 1985 à Alger (Patrick AVENTURIER/Gamma-Rapho)
Mory Kanté sur scène avec sa kora en juillet 1985 à Alger (Patrick AVENTURIER/Gamma-Rapho) ©Getty

Le chanteur et musicien est décédé ce vendredi à Conakry à l’âge de 70 ans.

C’est une légende de la musique guinéenne qui vient de disparaitre. Mory Kanté est décédé ce vendredi matin à Conakry des suites d’une longue maladie, a confirmé son fils Balla Kanté à un correspondant de l’agence France-Presse. Il était âgé de 70 ans.

Surnommé le "griot électrique", le chanteur et musicien a contribué à populariser la musique africaine et guinéenne à travers le monde. Son grand tube Yeke Yeke, sorti en 1987, s'est ainsi vendu à des millions d'exemplaires et a atteint les sommets des hit-parades dans de nombreux pays. 

Né dans un petit village guinéen, Mory Kanté s’était d’abord appuyé sur des racines traditionnelles, la fonction héréditaire de griot, avant d'adopter la musique moderne. Il fit ses armes à Bamako au sein du fameux Rail Band fondé en 1970 par le Malien Salif Keita. Il révolutionna ensuite la musique ouest-africaine dans les années 1980 en électrifiant son instrument et en ouvrant les musiques traditionnelles mandingues villageoises aux beats électroniques et à un groove plus urbain.

Alors que le concept des musiques dites "du monde" était alors encore balbutiant, ce maître de l'instrument traditionnel à cordes qu'est la kora, doté aussi d'une puissante voix de tête, a accédé à la gloire internationale avec Yeke Yeke et a amené la musique mandingue sur les pistes de danse. L'album Akwaba Beach où figure cette chanson fut l'une des plus grosses ventes mondiales des musiques d'Afrique noire.

Au début des années 2010, dans La Guinéenne, son premier disque depuis huit ans, enregistré au pays, il choisissait la formule du grand orchestre, celle de l'âge d'or de la musique ouest-africaine dans les années post-indépendances, avec une suite de mélodies mandingues entonnées sur des grooves occidentaux, aux accents funk, reggae, zouk.

Après Manu Dibango en mars, Tony Allen et Idir il y a quelque semaines, une autre légende de la musique africaine disparait de nouveau aujourd’hui avec Mory Kanté. Une figure de la culture guinéenne saluée notamment sur Twitter par le président de son pays Alpha Condé :