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Le visionnaire Henri Debs célébré dans une nouvelle compilation

Publié lepar Ghislain Chantepie
Henri Debs en son studio | Atanga & Disques Debs Records
Henri Debs en son studio | Atanga & Disques Debs Records ©Autre

Le label français Atangana réédite quelques perles du producteur guadeloupéen dans sa nouvelle collection « Mizik Soley Sa Bon ».

Il était le Barclay des Antilles, l’homme qui a régné sur une bonne partie de la musique guadeloupéenne durant près d’un demi-siècle. Lorsqu’il disparait en 2013 à l’âge de 80 ans, Henri Debs  laisse derrière lui un héritage musical inestimable, des centaines de disques produits et autant de groupes dénichés, accompagnés, et pour certains portés vers les plus hauts succès.

Depuis son studio de Point-à-Pitre dont l’adresse finit par rentrer dans la légende, le producteur a propulsé durant des décennies, et bien au-delà des mers caribéennes, l’essence musicale d’une île et de son peuple, éditant avec doigté gwoka et kadans jusqu’au zouk dont il fut l’artisan de certains succès dans les années 80. Et c’est bien à cette virtuosité-là, celle d’un homme de studio au flair épatant qu’entend aujourd’hui rendre hommage le label français Atangana avec sa nouvelle compilation Mizik Soley Sa Bon.

Pour cette toute jeune maison marseillaise montée par le tropicaliste Déni Shain, cette célébration d’Henri Debs a pris la forme d’un digging en règle de centaines d’heures de musique puisées dans l’œuvre du producteur. Alors que le label anglais Strut avait sorti déjà l’an dernier une vaste somme tirée des archives des disques Debs, Atangana s’en tient avec ce *Mizik Soley Sa Bon * à une sélection modeste mais précieuse de 4 titres enregistrés au tournant des années 70 et 80.

Parmi ceux-là, le magnétique *Pa Dekouraje'w Toni * du chanteur Ti Céleste, l’une des figures du gwo-ka guadeloupéen disparu tragiquement il y a cinq ans. Enregistré en 1981, ce titre au tambour Ka palpitant prend parfois des allures de blues créole, une impression de puissance collective renforcée par les chœurs répétitifs et le chant profond de Ti Céleste. Changement d’ambiance en revanche avec le dansant Bail Ti Bouin Z'oizo  publié aux Disque Debs en 1975 par l’orchestre de poche Les Maxel's, une formation antillaise très active dans les années 70. Ici, c’est la biguine et ses cuivres qui sont à l’honneur dans cette petite bombe pétrie de chaleur latin-jazz où perce la voix éclatante de son chanteur. Vivement la suite.  

« Mizik Soley Sa Bon », compilation du label Atangana, est disponible le 1er juin sur Bandcamp et le 10 juin en version vinyle.