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La transe yéménite psyché du quatuor El Khat

Publié lepar Guillaume Schnee
El Khat  © Dunja Opalko
El Khat © Dunja Opalko

Le combo basé à Tel Aviv fait revivre le répertoire traditionnel du Yemen avec un cocktail fervent de musique panarabe polyphonique, d'ethio-jazz, de pop et de loops électros.

Alors que la terre de ses grands-parents est meurtrie par la guerre et une terrible famine, l'ancien violoncelliste du Jerusalem Andalucian Orchestra, Eyal El Wahab s'est lancé dans une recherche personnelle de ses racines yéménites. Dans sa quête spirituelle et identitaire, le musicien a appris l’arabe et les bases du métier de charpentier pour fabriquer des instruments avant de fonder, à Tel Aviv, El Khat, un quatuor dont les membres viennent d'Irak, de Pologne, du Maroc et du Yemen. Ce groupe cosmopolite, qui porte le nom de la plante euphorisante mâchée dans la Corne de l'Afrique, sort l'album Saadia Jefferson le 22 novembre via Batov Records.

Eyal El Wahab a mis sur pied tout un orchestre de percussions et d’instruments à cordes créés à partir de bidons d’essence, de casseroles amplifiées ou de roues de vélo. Ces instruments sont associés à des guitares, trompettes, darboukas et séquenceurs électroniques, ainsi qu’à la voix singulière du leader, rejoint par la chanteuse Julie Francis Frog sur deux titres. Un album exaltant qui célèbre l'immense richesse de la musique folklorique yéménite des années 50 à 70 entendue de Sanaa à Taizz en mêlant les mélodies des chants traditionnels et tribaux à un groove contemporain et festif.