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Johnny Clegg, le « Zoulou blanc », est mort

Publié lepar FIP.fr avec AFP
Johnny Clegg performs à Dusseldorf en mai 1987 | Frans Schellekens
Johnny Clegg performs à Dusseldorf en mai 1987 | Frans Schellekens ©Getty

Le musicien sud-africain, chantre anti-apartheid, s’est éteint ce mardi à l’âge de 66 ans

Musicien engagé, Johnny Clegg incarnait avec ses chansons, mélange inédit de rythmes zoulou et de pop occidentale, la résistance à l'apartheid puis la réconciliation. Le "Zoulou blanc" sud-africain s'est éteint mardi à l'âge de 66 ans des suites d’un cancer a annoncé son manager Roddy Quin.

"Johnny est décédé paisiblement aujourd'hui, entouré de sa famille à Johannesburg (...), après une bataille de quatre ans et demi contre le cancer. Il a joué un rôle majeur en Afrique du Sud en faisant découvrir aux gens différentes cultures et en les rapprochant", a-t-il ajouté dans un communiqué. "Il nous a montré ce que cela signifiait d'embrasser d'autres cultures sans perdre son identité".

Né en 1953 au Royaume-Uni d'un père britannique et d'une mère zimbabwéenne, chanteuse de jazz de cabaret, Johnny Clegg débarque à l'âge de 7 ans dans une Afrique du Sud où la minorité blanche règne en maître absolue sur la majorité noire. Longtemps victime de la censure dans son pays, Johnny Clegg avait connu le succès à l'étranger avant d'accéder au statut de star dans son pays. Pendant les pires heures du régime raciste, ses chansons ont été interdites et, pour contourner la censure, il a été contraint de se produire - avec son groupe Juluka, formé avec le musicien zoulou Sipho Mchunu - dans les universités, les églises, les foyers de migrants et chez des particuliers.

Johnny Clegg a puisé dans la culture zoulou son inspiration pour concevoir une musique révolutionnaire où les rythmes africains endiablés cohabitent avec guitare, clavier électrique et accordéon. Son album "Scatterlings of Africa" en 1982 l'avait propulsé en tête des hit-parades en Grande-Bretagne et en France. L'un de ses plus grands tubes planétaires, "Asimbonanga" ("Nous ne l'avons pas vu", en langue zoulou), est dédié à Nelson Mandela, le héros de la lutte anti-apartheid, alors emprisonné à Robben Island (Afrique du Sud).

"J'ai eu une carrière gratifiante à bien des égards (...) en réussissant à rassembler des gens grâce à des chansons, surtout à un moment où cela semblait complètement impossible", se félicitait en 2018 le musicien qui a vendu plus de 5 millions d'albums durant sa longue carrière.