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Exclu : "Nigeria 70", deux nouvelles pépites à découvrir

Publié lepar Ghislain Chantepie
Osayamore Joseph & The Creative | Strut Rec
Osayamore Joseph & The Creative | Strut Rec ©Autre

Le label Strut fête ses 20 ans avec un quatrième volet de sa série culte dédiée au groove de Lagos.

C’est l’une des sorties les plus emblématiques de Strut Records, un projet qui avant d’autres a forgé la réputation de ce précieux label anglais. Fondé à Londres en 1999 par le passionné Quinton Scott, cette petite maison indépendante s’est spécialisée au tournant du siècle dans la confection de compilations thématiques rares, explorant l’espace et le temps à la recherche de trésors de groove perdus de vue, ou n’ayant jamais dépassé les frontières de leur pays.

Avec la sortie en 2001 de “*Nigeria 70 : The Definitive Story of 1970’s Funky Lagos”, * Strut Records réalisa un coup d’éclat en même temps qu’il s’apprêtait à fermer boutique, faute de fonds. Ce chant du cygne surgit ainsi tel un ultime sursaut et réunit, quatre ans seulement après la mort de Fela Kuti, la crème de la scène nigériane des années 70 : l’afrobeat au zénith du Black President et de son batteur Tony Allen y rayonnent ainsi, mais également bien d’autres nuances de funk incarnées par le Kraftwerk nigérian William Onyeabor, la légende afro-soul Segun Bucknor ou encore le saxophoniste Orlando Julius.

Relancé par le label allemand !K7 en 2008, Strut Records offrit immédiatement une suite à cette compilation exemplaire intitulée Lagos Jump, avant de rééditer le premier volet dès l’année suivante. En 2011, un troisième épisode réunissant notamment le funk highlife de Ali Chukwuma et la fusion jazz de Prince Eji Oyewole, un ancien musicien de Fela, clôtura pour longtemps cette série sous le doux nom de Sweet Times.

Devenu un classique au fil du temps, l’esprit d’exploration de Nigeria 70  a prospéré chez Strut (et d’autres) au point que le concept fut décliné sous bien d’autres genres et bien d'autres latitudes, des Caraïbes jusqu’au Brésil en passant par l’île Maurice ou encore Hawaii. Rien d’étonnant, donc, à ce que ce projet emblématique célèbre aujourd’hui les 20 ans du label anglais, à travers la sortie d’un quatrième volet en forme de cadeau d’anniversaire.

Borné temporellement sur une quinzaine d'années entre 1973 et 1987, ce nouvel épisode est là encore mené par Duncan Brooker, digger en chef de Strut et compilateur des trois premiers épisodes. Dans le Nigéria de cette époque secoué par les coups d’Etat militaires à répétition, le highlife et le juju traditionnels fusionnent alors à l’abri des clubs avec le jazz et le funk apportés par les vents occidentaux.

C’est dans ce creuset syncrétique que Brooker a ainsi pioché pour exhumer 12 raretés qui forment cette nouvelle sortie, parmi lesquelles cet hymne afro-funk *Black Precious Colour, * une ode à l’identité noire signée Felixson Ngasia  et son obscur groupe The Survivals. Autre petite bombe de groove que l'on doit à un certain Saxon Lee et ses Shadows International, le démesuré *Special Secret Of Baby * et ses presque 9 minutes d’afrobeat vivifiants, un titre dont les cuivres libérés sur la seconde moitié témoignent comme jamais de la jeunesse et de la fougue inébranlable de toute une génération.

Saxon Lee & The-Shadows International | Strut Rec
Saxon Lee & The-Shadows International | Strut Rec ©Autre

"Nigeria 70: No Wahala" est attendu le 29 mars sur label Strut Records.