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Electric Jalaba réveille son gnawa cosmique

Publié lepar Ghislain Chantepie
Electric Jalaba en 2020 | Alexis Maryon
Electric Jalaba en 2020 | Alexis Maryon

Le collectif sans frontières mené par Simo Lagnawi distille son prochain album au travers de plusieurs titres au groove contagieux.

C’est une aventure sonique qui fête ses 10 ans cette année. Celle du collectif Electric Jalaba, la rencontre entre une fratrie de quatre musiciens anglais, d’un batteur d’origine italienne et du maître gnawa marocain Simo Lagnawi. Après s'être découverts lors d'un festival d'été, les membres de cette joyeuse bande s’étaient instinctivement lancés dans une jam-session marathon pour jeter les bases de leurs expérimentations mêlant gnawa bionique et transe psychédélique.

Dans le haut du panier des formations s’essayant à cet hasardeux meilleur des deux mondes, Electric Jalaba avait su rapidement se faire connaitre sur scène au travers de performances ensorcelantes, publiant un second album en 2015, avant de disparaitre des radars depuis lors. C’est donc une bonne nouvelle que de voir ressurgir cette bande d'épatants musiciens avec la sortie annoncée le mois prochain d’un troisième disque appuyé par l’excellent label londonien Strut Records.

Avec le retour en force dans la production musicale de l’exaltation psychique comme une réponse au vertige kafkaïen des sociétés connectées, Electric Jalaba dispose aujourd’hui d’un terreau favorable pour faire vivre et connaitre plus encore sa musique. Une fusion hypnotique qui puise autant dans le mystère de traditions rituelles nord-africaines que dans des arrangements dignes des meilleurs dancefloors contemporains.

Preuve en est avec les quelques extraits déjà distillés de cet El Hal / The Feeling qui devrait surgir dans les bacs dès le 19 mars prochain. Avec son amorce pleine de basses space-disco, Cubaili Ba annonce ainsi la couleur d’un single viscéral propre à pousser les murs, le chant captivant de Simo Lagnawi surgissant avec brio au milieu de ce groove contagieux. 

Plus traditionnel, Daimla prend quant à lui la forme d’une ode à Allah autant qu'au maâlem marocain Mahmoud Guinia, un grand musicien gnaoui disparu ayant notamment joué avec Pharoah Sanders. On retrouve même un peu de rythmique mbalax sur le troisième extrait intitulé Fulan, un autre cocktail d’influences auquel des synthés cosmiques offrent un punch imparable. Vivement la suite.