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Blick Bassy dévoile le titre révolutionnaire "Ngwa"

Publié lepar Catherine Carette

Le 8 mars, l'artiste camerounais sort l'album "1958", un hommage au chef indépendantiste Ruben Um Nyobé.

Réalisé par Tebogo Malope aka Tebza, le clip de Ngwa a été tourné dans les grands espaces d’Afrique Australe, au Lesotho. Ngwa signifiant mon ami, Blick Bassy y incarne le leader historique de l’Union des Populations du Cameroun, exécuté par les forces coloniales françaises en 1958, alors qu’il se battait pour une véritable indépendance de son pays (obtenue en 1960). Si le clip évoque la traque de Ruben Um Nyobé, il est aussi pour Blick Bassy, une métaphore de la voix que doit suivre l’Afrique pour se libérer.

"Um Nyobè était connecté à nos traditions, dit Blick Bassy. Quand il se cachait, il avait toujours son "sac Mbog" dans lequel on met des écorces et des choses qui permettent de survivre face à l’adversité. Le jour de sa mort, son compagnon de lutte et son sac avaient disparu. Dedans il y avait, paraît-il, une potion qui le rendait invisible…"

Blick Bassy - Capture du clip Ngwa
Blick Bassy - Capture du clip Ngwa ©Autre

Après son 3ème album Akö (2015) dédié au bluesman afro-américain Skip James et une belle tournée dans de prestigieux festivals, Blick Bassy a donc repris sa quête intime, hantée cette fois par l'ombre de ce combattant dont il veut réhabiliter l'image. Il faut dire que Ruben Um Nyobé vivait dans un village proche de celui de sa famille qui a dû fuir la répression et la torture, comme tous ceux qui étaient sensés connaître le rebelle : "Mon grand-père, qui était lié à sa famille, avait dû se cacher avec ma mère pendant un an et demi en forêt, quand l’armée le traquait".

Blick Bassy - Photo de Justice Mukheli
Blick Bassy - Photo de Justice Mukheli ©Autre

Le musicien, chanteur, auteur-compositeur, poète et producteur Blick Bassy est né au Cameroun en 1974 et vit en France depuis 2005. Il milite pour que l’Afrique se reconnecte à son histoire afin de s’émanciper. De sa voix de miel, il chante en bassa, langue bantoue, pour dire l’importance des traditions menacées :

"si on veut changer notre avenir, si on veut aller vers quelque chose qui va faire grandir l'Afrique il faut qu'on connaisse nos langues, notre culture notre histoire".

En consacrant la plupart de titres de l'album 1958 à Ruben Um Nyobé, Blick Bassy nous offre un voyage suspendu entre les mémoires et l’avenir.

Blick Bassy "1958" - Illustration pochette de Merelle Fabien
Blick Bassy "1958" - Illustration pochette de Merelle Fabien ©Autre

En concert :

le 11 avril au Rocher de Palmer à Cenon
le 15 avril à La Cigale à Paris