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"Derin Derin" le voyage intense de BaBa ZuLa

Publié lepar Melike Balci
Levent Akman, Murat Ertel, Periklis Tsoukalas et Çoşar Kamçı de BaBa ZuLa | Emir Sıvacı
Levent Akman, Murat Ertel, Periklis Tsoukalas et Çoşar Kamçı de BaBa ZuLa | Emir Sıvacı

Deux ans après leur dernier phénomène « XX », les pères du rock-dub psychédélique anatolien reviennent avec un album toujours plus expérimental.

Tandis que l’âge d’or du rock psychédélique turc des années 60 renaît de ses cendres, avec la relève Altın Gün, Gaye Su Akyol, Derya Yildirim & Grup Şimşek… les pionniers du genre s’apprêtent à libérer Derin Derin (littéralement "profond profond") le 27 septembre sur le label Glitterbeat Records. 

Si BaBa ZuLa s'inspire des artistes de cette scène tels que Barış Manço, Cem Karaca et Moğollar, sur l'album Derin Derin, chaque composition est 100% originale. L’EP Kızıl Gözlüm (My Scarlet Eyed) donne un aperçu de l’album avec 3 extraits : deux versions de Kervan Yolda, un voyage en caravane, sombre et entêtant et le titre éponyme qui est une déclaration d’amour à une femme aux yeux écarlates et aux lèvres melliflues. 

Fondé à Istanbul en 1996 par Levent Akman, Murat Ertel et Emre Onel, le groupe légendaire BaBa ZuLa est à l’image du Bosphore : un pont entre le monde oriental et occidental, une fusion des standards ancestraux de la musique traditionnelle turque, du rock 60’s et de l’électronique dub moderne. Ce sont les premiers à avoir joué du thérémine en Turquie, ils ont électrifié le saz et l’ont combiné à l’oud électrique, aux cuillères en bois, aux oscillateurs, darbuka et autre percussions. Leur musique orientale de l’espace ("Uzay Yolu Oryantal Müziği", c’est ainsi qu’ils le définissent) est un voyage intergalactique entre passé et présent, propulsé vers l’avenir.  

« L’art est notre langage, nous sommes un groupe d’art ». Les conteurs du Bosphore mêlent toute forme d’arts à leur musique et offrent une expérience psychédélique lors de leurs concerts, avec notamment de la danse et des costumes originaux qu’ils confectionnent eux-mêmes, mais aussi la poésie, le théâtre, le dessin… 

Je pense que l’art et l’artiste doivent avoir d’une certaine manière une relation avec la géographie qui a causé son existence. Pour cette raison, le fait d’être à Istanbul est très important pour nous. Nous connaissons le monde oriental et le monde occidental, mais ni l’un ni l’autre ne nous suffit, parce que les deux s’unissent si joliment. C’est sans doute ce qui fait la magie d’Istanbul.  - Murat Ertel & Levent Akman (A Boiler Room Film)