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Avec « Molo », Damon Albarn relance son Africa Express

Publié lepar Ghislain Chantepie
 Damon Albarn à Glastonbury en 2016 | Samir Hussein/Redferns
Damon Albarn à Glastonbury en 2016 | Samir Hussein/Redferns ©Autre

Le frontman de Blur fête les 10 ans de son projet collaboratif avec un nouvel EP enregistré à Johannesburg.

Qu’est ce qui fait donc courir Damon Albarn ? La cinquantaine tout juste franchie, le chanteur iconique de Blur reste un homme pressé, tiraillé par la foule de projets musicaux qu’il a initiés depuis une vingtaine d’années. Ces derniers mois, le Londonien a ressuscité avec un succès certain son génial combo virtuel Gorillaz, mais aussi le super-groupe The Good, the Bad and the Queen qu’il forme ponctuellement avec Paul Simonon et Tony Allen.

Un autre projet tient à cœur la pop-star, celui de l’aventure Africa Express  dont le volet discographique fête ses 10 ans cette année. Une décennie au cours de laquelle le chanteur a cherché à revenir aux sources-mêmes du mouvement world-music, invitant une kyrielle de musiciens occidentaux et africains à partager, collaborer, produire et jouer ensemble, parfois dans le cadre de concerts et de tournées marathons.

Alors, après avoir parcouru en 2014 les rives du fleuve Niger et rendu hommage deux ans plus tard à des musiciens syriens, c’est en terre australe que le chanteur a cette fois-ci posé ses micros, enregistrant un nouveau disque dans un studio de Johannesburg. En langue Xhosa, « Molo » signifie tout simplement bonjour, et c’est aussi le nom de baptême choisi pour ce nouvel EP d’Africa Express dévoilé il y a quelques jours, prélude à un album complet attendu cet été.

Molo  compte quatre titres comme autant de facettes différentes d’un projet qui navigue entre rap, rythmes traditionnels et musiques électroniques. Les effluves trap et les sirènes de l'entêtant *Nayenya, * taillé pour le dancefloor, cèdent ainsi la place à un hip hop organique et nébuleux sur No Game. Plus loin, c’est l’énergie festive de choeurs féminins version The Go! Team et une ligne de basse hypnotique qui donnent sa puissance à Xhosa, avant que les cordes et les peaux ne prennent le dessus sur le solaire *Vessels * aux parfums d’ailleurs.

Un disque fusionnel en somme, et enregistré en une semaine seulement, avec cette fois-ci dans les bagages d’Albarn le chanteur Gruff Rhys (Super Furry Animals), le rappeur anglais Ghetts, ou encore Nick Zinner de Yeah Yeah Yeahs. Ensemble, ils ont travaillé avec plusieurs figures de la scène alternative sud-africaine parmi lesquelles le collectif BCUC, la chanteuse Moonshild Sanelly et la jeune étoile du rap Sho Madjozi. Vivement la suite.