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Avec "Insomnia" Bachar Mar-Khalifé offre l'énergie et la poésie contre le désespoir

Publié lepar Guillaume Schnee
Bachar Mar-Khalifé / Photo Habib Saleh
Bachar Mar-Khalifé / Photo Habib Saleh

L'artiste franco-libanais signe un nouvel extrait électro-acoustique puissant de son album "On/Off" enregistré au Liban avant la terrible catastrophe de Beyrouth.

En véritable orfèvre, le chanteur et multi-instrumentiste Bachar Mar-Khalifé a réussi à ciseler au fil de ses albums un discours musical complexe et lyrique, toujours au service de l'émotion. En perpétuelle quête de spiritualité l'artiste franco-libanais mêle ainsi la musique classique et électronique, les codes du jazz et la tradition orientale qu'il a apprise auprès de son père oudiste et de sa mère chanteuse. Après la sortie de son album, The Water Wheel en 2018, le pianiste s'est lancé dans un travail de mémoire, intime et profond, au cours d'une retraite dans ce pays qu'il avait dû quitter très jeune. 

C'est dans le cadre d'une maison familiale chargée de souvenirs à proximité de l’emblématique forêt de cèdres de Jaj que l'artiste a écrit et composé son oeuvre solo On/Off attendue le 23 octobre 2020 sur le label Balcoon.

"Ce disque n’est pas politique en tant que tel mais je me rends compte que parler de ses aspirations et de ses pensées dans ce contexte, rend la musique éminemment politique, et c’est ce que je cherchais avec ce nouvel album." déclare Bachar Mar-Khalifé qui lance sur ce cinquième album un véritable cri d'amour au peuple libanais exprimant dans sa poésie poignante et le dépouillement de sa musique les tourments d’un pays meurtri en proie à d’importants troubles économiques et sociaux. 

Bachar Mar-Khalifé se livre ici avec intensité, déclamant sa poésie sur des chansons pianos voix sensibles et des claviers célestes, passant de l'acoustique à l'électronique avec une réelle harmonie. Les tourbillons rythmiques s'accordent avec les choeurs hypnotiques et la douceur de son piano toujours dans l'épure tandis que la musique traditionnelle libanaise plane dans toute sa modernité sur cette oeuvre magnifique. On peut y entendre le père de l'artiste Marcel Khalifé et une reprise bouleversante de Ya Hawa Beirut, un titre de la grande Fairouz chantant déjà l'espoir de la renaissance de Beyrouth après la guerre du Liban en 1979 tandis que sur les beats extatiques d'Insomnia il évoque les longues nuits d'angoisse des libanais.