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Analog Africa exhume des trésors perdus de la scène funk et disco de Mogadiscio

Publié lepar Guillaume Schnee
le groupe Iftin de Mogadiscio / Analog Africa
le groupe Iftin de Mogadiscio / Analog Africa

Le label sort "Mogadisco: Dancing Mogadishu - Somalia 1972-1991", une collection de 12 pépites de l'âge d'or du groove somalien dénichées dans les archives de Radio Mogadiscio.

Comme un véritable sacerdoce, certaines maisons de disques se sont données pour mission de nous transmettre la culture oubliée de certains pays à travers leurs musiques. Le crate digger tunisien Samy Ben Redjeb redonne ainsi vie à des joyaux méconnus au gré de ses voyages et des sorties, toujours documentées, de son label Analo Africa. Après le Zimbabwe, le Sénégal, le Bénin ou la ville brésilienne de Belém, le chercheur de trésors a posé ses valises en 2016 dans la capitale somalienne. Grâce à l'équipe des archives de la station de Radio Mogadiscio, il a exhumé et compilé les douze titres de sa nouvelle compilation Mogadisco – Dancing Mogadishu Somalia 1972-1991 qui sort le 13 décembre.

C'est dans une pile d'enregistrements non identifiés, sur cassettes ou bandes audio, que le fondateur du label allemand a trouvé ces pépites, témoins de l'effervescence de la scène musicale de Mogadiscio dans les années 70 et 80. Les clubs des grands hôtels de la ville résonnaient alors aux sons de groupes live comme Iftin, Shareero' ou le Dur Dur Band qui mêlaient les musiques traditionnelles somaliennes comme la musique spirituelle Sarre ou le Daantho avec le jazz, funk, la soul, le disco ou le reggae. Réunir ces pépites, rencontrer les musiciens de cette "époque dorée", souvent exilés aux quatre coins du monde, aura pris trois ans. Comme l'a dit le colonel Abshir Hashi Ali, chef des archives de Radio Mogadiscio : 

J'ai consacré ma vie à cet endroit. Je le fais pour qu'il puisse être transmis à la prochaine génération, pour que la culture, le patrimoine et les chansons de la Somalie ne disparaissent pas.