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Entre l’humain et la machine, l'échange onirique et bluffant d’Edouard Ferlet

Publié lepar Catherine Carette
Edouard Ferlet - Pianoïd - Photo de Gregoire Alexandre
Edouard Ferlet - Pianoïd - Photo de Gregoire Alexandre

Le captivant pianiste dévoile un titre de son album solo attendu en octobre, un voyage entre musique répétitive et contemporaine qui flirte avec la pop, l’électro et l’ambient.

Edouard Ferlet, acteur majeur de la scène jazz hexagonale, s’épanouit depuis 25 ans sur bien d’autres terrains qui privilégient la recherche et l’inattendu, comme son diptyque Think Bach (2012 et 2017) dans lequel il développait son propre langage imprégné de son amour pour l’œuvre de Jean-Sébastien Bach. Avec Pianoïd, le pianiste dévoile une nouvelle étape singulière de son travail en arpentant des territoires proches de la musique contemporaine et de la pop et donne à ses compositions un écho aux œuvres minimalistes de Philip Glass ou d'auteurs qui s’en inspirent comme Nils Frahm : 

L’album Pianoïd est conçu avec deux instruments Yamaha, un Silent de facture traditionnelle qui envoie les informations à l’ordinateur, lequel les traite avec le logiciel Ableton, et un Disklavier piloté avec une surface de contrôle MIDI qui restitue les notes transformées. L’automate qui synchronise les deux claviers, permet de moduler une multitude de paramètres comme la vitesse et la dynamique du jeu. Grâce à ce dispositif électroacoustique imaginé avec le réalisateur sonore Joachim Olaya et un long travail personnel de maturation, Edouard Ferlet joue aujourd’hui avec son double, sans se perdre. 

Au fur et à mesure du travail, je me suis aperçu des possibilités infinies et me suis noyé dans la technologie. J’ai dû revenir à l’essentiel pour trouver une liberté de jeu avec ce nouvel outil et le maîtriser en simplifiant les commandes de mon contrôleur MIDI.

Formé aux codes du jazz, entre partitions et lignes d’improvisations, le pianiste expose ici la quintessence de son propos qui va directement au cœur de la mélodie et de l’harmonie. 

On aime le jeu tantôt lyrique, tantôt percutant d’Édouard Ferlet et son épopée enthousiasmante où s’alternent avec un bel équilibre, le raffinement de compositions très poétiques et la puissance de propositions innovantes, à fort potentiel hallucinatoire pour peu qu’on les déguste au casque dans une nature sauvage et bienveillante. 

Avec Pianoïd, j’utilise la phrase robotique pour m’inspirer, et aller vers l’inimaginable () La machine prend vie et me surprend. La musique devient alors un dialogue organique.

Pianoïd sort le 8 octobre 2021 (Mélisse / Outhere / Believe)

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