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Les cordes intimes d’Hania Rani et Dobrawa Czocher

Publié lepar Ghislain Chantepie
 Hania Rani et Dobrawa Czocher | Deutsche Grammophon
Hania Rani et Dobrawa Czocher | Deutsche Grammophon

La jeune pianiste polonaise retrouve son amie violoncelliste sur un nouvel album à quatre mains, un premier extrait ténébreux à découvrir.

Hania Rani se multiplie. La jeune compositrice polonaise, sacrée il y a deux ans avec un premier album pétri d’émotion, se fait prolifique depuis quelques mois avec plusieurs nouveaux projets à son actif. Alors qu’elle transformait l’essai dès l’an dernier avec un second album marqué par son chant, la musicienne dévoilait encore avant l’été une sélection personnelle de compositions pour le cinéma et le théâtre sobrement intitulée Music For Film And Theatre. Aujourd’hui, elle prépare la sortie à la mi-octobre chez Deutsche Grammophon d’un nouveau disque à quatre mains intitulé Inner Symphonies et coécrit avec son amie d’enfance Dobrawa Czocher.

Nourrie très tôt d’influences allant du jazz aux musiques électroniques, Hania Rani avait choisi une voie minimale sur son premier album en nom propre. Quelque chose de très personnel émanait alors de ce disque néo-classique, une sorte de rencontre presque inopinée entre l’artiste et l’instrument à cordes où liberté et sensibilité se trouvaient régulièrement en révolution. Avec Inner Symphonies, c’est une tension plus duale, plus humaine, et plus intime aussi qui naît des cordes croisées avec sa complice violoncelliste, avec qui elle avait déjà travaillé au détour d’un hommage à la star du rock polonais Grzegorz Ciechowski.

Premier extrait dévoilé de leur nouveau disque, There Will Be Hope se nourrit tout de même des codes déjà expérimentés avec succès par la pianiste dans ses précédentes compositions. Le son des marteaux, pédales et clés conservé lors de l’enregistrement vient ainsi enrober tel un fil d’Ariane boisé le piano de la Polonaise, offrant une proximité organique qui s’accorde idéalement à la tension aiguisée par le violoncelle. Revendiqué comme un écho explicite de l’œuvre de Philip Glass, cette inspiration du grand-maître minimaliste trouve aussi à l’écran une illustration abstraite dessinée par le réalisateur Drew Tyndell, une somme de couleurs et de reflets propre à faire tournoyer l’esprit dans un manège d’émotion.