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Exclu : « Vortex », sarabande renversante de Thomas Enhco et Vassilena Serafimova

Publié lepar Ghislain Chantepie
Thomas Enhco & Vassilena Serafimova  | Sourdoreille / Sony
Thomas Enhco & Vassilena Serafimova | Sourdoreille / Sony

Le pianiste jazz et la percussionniste bulgare se rejoignent dans une déconstruction live de l’œuvre de Jean-Sébastien Bach.

C’est un duo libre comme l’air qui s’empare aujourd’hui de la musique de Jean-Sébastien Bach. Côté cour, un (encore) jeune pianiste au parcours et à l’héritage musical impressionnants, et qui n’est jamais plus à l’aise qu’à la croisée des genres. Côté jardin, une percussionniste chevronnée passée maître dans l’art de faire chanter le marimba et qui, elle aussi, n’a de cesse de faire rimer expérimentation et virtuosité. Ensemble, Thomas Enhco et Vassilena Serafimova ont ainsi retrouvé le studio il y a quelques mois de cela pour offrir des reflets inédits à l’œuvre immense du compositeur allemand.

En 2016 déjà, ces deux instrumentistes avaient effleuré Bach au fil de Funambules, un premier disque en duo où leurs relectures audacieuses eurent pour matière principale la Sonate pour deux pianos de Mozart (mais aussi, en guise de final, le Bitter Sweet Symphony de The Verve). Aujourd’hui, c’est bien le Cantor de Leipzig qui est au cœur de leur nouvel album Bach Mirror sorti le 19 mars dernier via le label Sony Music. Des retrouvailles autour de compositions vivifiantes écrites par l’une ou par l’autre sur la base de partitions du maître et qui prennent à l’écran un caractère libératoire.

Pleines d’influences personnelles qui camouflent parfois hardiment l’œuvre originale, ces treize nouveaux morceaux se sont aussi laissé découvrir en vidéo depuis la mise en ligne d’un vibrant premier extrait, Fire Dance, basé sur la Cantate BWV 147. Et après Miroirs, inspiré de la Sonate pour Orgue n°4, c’est au tour d’une relecture du Double de la sarabande (Partitia pour violon n°1) baptisée Vortex de trouver aujourd’hui dans la magie du live l’envoûtement d’une telle déconstruction polyrythmique. 

Enregistrée en début d’année au Comptoir Général (Paris) par les équipes de Sourdoreille, cette nouvelle session live de Thomas Enhco et Vassilena Serafimova trouve dans le décor insulaire de cette espace en forme de galion échoué un reflet idéal au bois du piano et du marimba. Un kaléidoscope renversant et qui va jusqu’à effleurer les sonorités électroniques, comme pour propulser l’œuvre du compositeur baroque dans un tourbillon spontané et synonyme d’avenir.