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"Web Max", l'esprit spiritual-jazz de Web Web

Publié lepar Guillaume Schnee
Web Web + Max Herre / Photo Thomas Elsner
Web Web + Max Herre / Photo Thomas Elsner

Le quartet jazz allemand et le producteur hip-hop s'associent pour un chef-d'œuvre de spiritual-jazz sur lequel on retrouve Mulatu Astatke, Yusef Lateff, Brandee Younger ou Charles Tolliver.

L'esprit libre et universel du spiritual-jazz des années 60 et 70 a conquis les scènes jazz actuelles du monde entier, que ce soit aux Etats-Unis avec Kamasi Washington ou Cochemea, à Londres avec le collectif Moisha ou Shabaka Hutchings, en Afrique du Sud avec The Brother Moves On ou The Ancestors, à Melbourne avec Allysha Joy ou en France avec Thomas De Pourquery et ses complices. En Allemagne le quartet Web Web s'est inspiré de cet esprit d'ouverture et de cette spiritualité sur son quatrième album, Web Max, gravé avec le compositeur, musicien et producteur hip-hop Max Herre ainsi qu'une multitude d'invités prestigieux comme le légendaire flûtiste et saxophoniste Yusef Lateff, le maître de l'ethio-jazz Mulatu Astatke, la harpiste Brandee Younger, le trompettiste de 79 ans et fondateur du mythique label jazz Strata-East, Charles Tolliver, Ben Abarbanel-Wolff du groupe The Heliocentrics et bien d'autres.

Le quartet du pianiste Roberto di Gioia fait figure de supergroupe avec la présence des virtuoses de la scène allemande que sont le multi-instrumentiste Tony Lakatos, le bassiste Christian Von Kaphengst et le batteur Peter Gall. En 2014, Gregory Porter invite Roberto Di Gioia et le rappeur-producteur allemand Max Herre. L'idée d'une jam autour du spiritual-jazz fait son chemin et six ans plus tard, l'album Web Max s'apprête à sortir le 27 août sur le label de Munich Compost Records. Enregistré en analogique entre 2018 et 2020 les dix titres de l'album nous plongent dans cette transe jazz aux inspirations d'ailleurs que l'on croyait révolue.

Un jazz aussi subtil qu'intense qui trouve aussi ses racines en Afrique ou en Orient, fait référence à la chanteuse libanaise Fairuz ou au pianiste sud-africain Abdullah Ibrahim. La musique se fait toujours plus atmosphérique et transcendantale quand la harpiste new-yorkaise Brandee Younger et la flûte alto aux teintes sombres de Tony Lakatos illuminent Satori Ways et réveille les fantômes Dorothy Ashby et Alice Coltrane. Un album qui sonne comme une page d'histoire quand les mots poétiques du grand Yusef Lateff, qui nous a quittés en 2013, résonnent sur Akinuba / The Heart portés par une ligne de basse répétitive. Amoureux du jazz bien avant sa carrière hip-hop, Max Herre contribue à ce voyage cosmique et spirituel avec ses chuchotements en forme de bruissements électroniques et les poussées groovy et minimalistes de son Wurlitzer.