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L'Envol majestueux du Rémi Gaudillat sextet

Publié lepar Catherine Carette
Rémi Gaudillat Sextet - Electric Extension - Photo de Fabienne Chemin
Rémi Gaudillat Sextet - Electric Extension - Photo de Fabienne Chemin

En exclu, le trompettiste nous offre une page de son puissant double-album "Electric Extension", un carnet de voyage imaginaire pour sextet avec Louis Sclavis, le quartet Seigle et Laurent Fellot, en invités.

Travailleur acharné et improvisateur inspiré, tout aussi pertinent dans un contexte chambriste (Possible(s) Quartet, Canto de Multitudes) qu'au sein des grandes formations de musiques savamment populaires (Docteur Lester, Over The Hills, The Very Big Experimental Toubifri Orchestra, Bigre !...), Rémi Gaudillat est un compositeur éclairé qui aime manier la richesse des timbres et les contrastes sonores. Son double-album Electric Extension sort le 17 avril et le 20 mars en digital. Un grand disque et une équipe de choc pour huit compositions sur le premier opus, un conte musical sur le deuxième, les superbes dessins de Benjamin Flao, la direction artistique avisée d'Olivier Benoit (ONJ), des invités de rêve et la magie du réalisateur sonore Adrian' Bourget.  

Rémi Gaudillat nous offre la primeur de l'énergisant Envol qui ouvre les grands espaces de cette aventure réjouissante. Sans doute le titre le plus représentatif de la démarche de l'album :

Travailler sur les multiples possibilités de couleurs et de timbres de cet orchestre, qu’elles soient acoustiques ou électriques, mélanger les multiples influences qui m’ont nourri : l’extrême liberté du Jazz, l’énergie électrique du Rock, une Afrique un peu fantasmée…

L'histoire d'Electric Extension commence le jour où Pierre-Alexandre Gauthier du label Z appelle Rémi Gaudillat : "Tu imagines le disque de tes rêves et j’essaie le plus possible de m’en approcher". Désireux de poursuivre sa collaboration avec ses frères de musique Fred Roudet, Laurent Vichard et Loïc Bachevillier du très sensible Possible(s) Quartet, il songe vite à l'augmenter de claviers, des percussions de Fabien Rodriguez et de la guitare électrique de Philippe Gordiani qui a un rôle central car elle amène le côté transe. "Philippe a une pâte sonore dont on peut se servir pour aller chercher l'énergie et transformer le son du groupe", précise le trompettiste. 

Un peu à l’image d’un folklore imaginaire, ça va du jazz à la musique classique du 20ème siècle, de Ligeti aux musiques répétitives de Philip Glass, Steve Reich, de l'Afrique aux trompettistes du nord comme le norvégien Nils Petter Molvaer ou les groupes du label ECM. C’est un peu toutes les musiques sur lesquelles j’ai rêvé. 

Si Extension Electric est le reflet du souffle et de la danse intime de Rémi Gaudillat, c'est aussi le mouvement qu'il insuffle dans une quête perpétuelle de l'extase où l'improvisation semble libératoire. On aime la recherche des textures sonores, celles des cordes qui s'opposent aux instruments électriques et aux vents du quartet. De cette diversité le trompettiste fait naître une musique qui invite à rêver d'ailleurs. 

On note la présence sur deux titres, d'une figure de proue de la musique improvisée européenne qui a beaucoup influencé le trompettiste. 

Louis Sclavis, c'était un rêve de l'avoir sur le disque. Il arrive, il découvre la structure du morceau et en une ou deux prises, c'est fait quoi ! et il y a tout ce qui me plaît chez lui, en plus du son de clarinette magnifique, il y a le côté lyrique, très chanté et une maîtrise technique fabuleuse.

Cerise sur le gâteau, sur le titre À haute voix du premier volume de ce double-album, Laurent Fellot, magicien du verbe, musicien et chanteur du groupe "Des Fourmis dans les Mains", vient poser sa voix sur des mots de Paul Eluard, tirés du recueil L'Amour, la Poésie. Il est aussi le conteur hypnotique du deuxième disque, Dans La Lune, qui se veut le complément idéal du répertoire d’Electric Extension, une invitation à l'évasion destinée aux plus jeunes et aux esprits qui ont su garder leur âme d'enfant.  

Concerts de sortie le 21 mars au Pêle-Mêle à Montmerle sur Saône et le 18 avril au Pax à St-Etienne Studio L’ArtScène