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"Les heures propices" et majestueuses de Franck Tortiller

Publié lepar Catherine Carette
Misja Fitzgerald-Michel et Franck Tortiller - Photo de Jean-Baptiste Millot
Misja Fitzgerald-Michel et Franck Tortiller - Photo de Jean-Baptiste Millot

Le vibraphoniste et le guitariste Misja Fitzgerald Michel, en toute excellence et authenticité dans leur album attendu le 19 juin.

C'est à un moment de musique pure que nous convie ces deux magnifiques musiciens. Franck Tortiller, ex soliste du Vienna Art Orchestra, Directeur de l’Orchestre National de jazz (2005-2008), compositeur et directeur d'orchestres et notamment de sa propre formation (avec laquelle il revisite Franck Zappa) a souhaité sortir de l'idiome du jazz en invitant l'élégant guitariste et compositeur Misja Fitzgerald Michel, au jeu très mélodique et très folk, qui, on s'en souvient, signait le superbe Time of no reply dédié à la musique de Nick Drake pour lequel il fut "révélation de l'année" aux Victoires 2012. "

Sa musicalité, son lyrisme, le son de ses guitares, ses choix musicaux résonnent parfaitement avec mon univers musical.

En avant-goût de l'album attendu le 19 juin, voici un extrait de leur musique "enrichie de refrains et de mélodies qui s’emparent de nos mémoires" avec leur version de la chanson de Bob Marley :

Ensemble ils ont décidé d'enregistrer, sans amplification et sans montage en acceptant le risque, quitte à rejouer de nombreuses fois le même morceau : "Il faut que tout soit cohérent, que l'esprit global soit là", précise Franck Tortiller, "ça a beaucoup changé notre approche". Capté au studio Soult de Maisons-Alfort, avec la sonorité chaude, un peu vintage, des vieux micros ruban proposé par l'ingénieur du son Ludovic Lanen, l'album sort sur le label jazz MCO que Franck Tortiller créait en 2012. 

Avant les séances en studio, dans l'intimité du temps imposé du confinement, le duo dévoilait déjà ce titre du guitariste autrichien Harry Pepl, un clin d'oeil au Vienna art orchestra et à Christian Muthspiel. :

Au-delà de l’immense plaisir de rejouer enfin de la musique, c’est de dignité dont il s’est agit aujourd’hui. Dignité d’être musiciens, de vivre ce pourquoi nous sommes faits, dignité de jouer de la musique, de la partager, d’improviser. Dignité aussi de toucher un cachet, aussi modeste soit-il, pour exercer notre métier.

Avec Les heures propices Franck Tortiller et Misja Fitzgerald Michel nous baladent aux confins du jazz et de la folk dans leur univers riche des harmonies subtiles de leurs instruments à nu, où sans être guidés, contraints par la technique, ils prennent le temps de la respiration, du ressenti de l'instant, de la joie et du silence.