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« Sea of Darkness », le blues cosmique du Sun Ra Arkestra

Publié lepar Ghislain Chantepie
Marshall Allen et le Sun Ra Arkestra | Strut Records
Marshall Allen et le Sun Ra Arkestra | Strut Records

Marshall Allen célèbre l’aventure du pharaon free-jazz avec un nouvel album de son groupe mythique, un troisième extrait à découvrir.

Plus de vingt-cinq ans après sa disparition, le soleil noir du jazz Herman Poole Blount aka Sun Ra brille toujours comme une énigme géniale et visionnaire. Celui qui a enregistré près de 200 albums en 50 ans de carrière a aussi arpenté le monde pour prêcher une philosophie cosmique portée par sa musique et son groupe mythique The Arkestra.

Après avoir consacré une somme titanesque au centenaire de ce pianiste hors-norme en 2014, le label britannique Strut Records annonçait aux prémices de l’été le retour dans les bacs de cette formation née à la fin des années 50 et qui n'a jamais cessé de se produire sur scène. Une véritable troupe de légende absente des studios depuis 20 ans et emmenée aujourd’hui encore par Marshall Allen, le fidèle saxophoniste de Sun Ra toujours vert du haut de ses 96 ans.

À ses côtés pour ce disque baptisé Swirling, on retrouve plusieurs historiques du groupe tel le saxophoniste Knoel Scott, contant encore avec admiration il y a quelques années le don qu’avait Sun Ra pour guider l’Arkestra « dans un assaut de sons, de couleurs et de mouvements à même de choquer les sens et les chakras du public présent ». 

Mis en boîte au printemps 2018 à Philadelphie, ce nouvel album se dévoile un peu plus aujourd’hui avec la mise en ligne d’un troisième extrait intitulé Sea of Darkness/Darkness. Un titre exhumé par Marshall Allen des archives de Sun Ra et enregistré pour la première fois en studio par sa mythique formation. Long d’un peu plus de cinq minutes, Sea of Darkness/Darkness prend dans sa première moitié la forme d’un blues ancestral, avant que ne soit bientôt ouverte la voie à cette transe jazz presque vivante qu'offrait à vivre et à voir le regretté Soleil noir. 

Ce disque, c’est tout simplement notre cadeau d’amour universel. Beta music for a better world. - Marshall Allen