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“Transatlantic Roots”, l’hommage de Bruno Angelini à son Amérique

Publié lepar Catherine Carette
Transatlantic Roots - Photo de Maxim François
Transatlantic Roots - Photo de Maxim François

Le pianiste dévoile "David Spike Jim and the others", un extrait de son nouvel album honorant la contre-culture et les luttes sociales aux États-Unis.

En compagnie du batteur Éric Échampard et du trompettiste Fabrice Martinez, Bruno Angelini consacre son album Transatlantic Roots à certaines figures qu’il admire particulièrement aux Etats-Unis et notamment à des cinéastes qu'il suit depuis longtemps. Le titre à découvrir en avant-première est consacré à David Lynch, Spike Lee et Jim Jarmusch.  "Ils ont tous développé un univers personnel, original, parfois intrigant, parfois satirique, souvent poétique", précise t-il. "Le titre fait également un petit clin d’œil au cinéma Français ( Vincent, François, Paul et les autres de Claude Sautet )". La vidéo tournée lors de leur résidence de création à la Fraternelle de Saint-Claude, juste avant d'entrer en studio, est réalisée par Romu Ducros :   

Soucieux de l’état du monde, Bruno Angelini rend hommage à d'autres aspects du mouvement contestataire américain comme la lutte de la militante Rosa Parks pour la fin de la ségrégation raciale ; la désobéissance civile de l'écologiste Julia "Butterfly" Hill ; le combat de Sitting Bull, symbole de la résistance des Sioux. Coup de chapeau également à la littérature sociale de Jack London, Jim Harrison, James Baldwin, John Steinbeck ou encore aux musiciens qui ont fait bouger les lignes : le saxophoniste Wayne Shorter demeuré lui-même en ne cessant de s’immerger dans des contextes différents ; John Cage, curieux de toutes les nouvelles technologies, créateur d'une musique dans laquelle aucun son n'est banni ; Merce Cunningham qui a fait entrer la danse dans la modernité. Le pianiste Mal Waldron est aussi à l'honneur. Son jeu singulier et hypnotique a marqué Bruno Angelini qui le nomme "le maître du silence". C'est dans cette ancrage tellurique qu'est né Transatlantic Roots. 

Aprés ses projets Open Land avec Régis Huby, Claude Tchamitchian et Edward Perraud, La dernière nuit avec Daniel Erdmann ou encore Sleepless night chronicles avec Tore Brunborg, Michele Rabbia et Romain Al’l, Bruno Angelini poursuit ici son travail de recherche sonore, constitutif de sa démarche artistique. Que ce soit pour son piano augmenté d'effets électroniques et de claviers additionnels ou pour les autres instruments du trio, son écriture tente à "produire des sensations physiques dans un espace d'improvisation modale". Influencé par les formes musicales européennes avec l'esprit et la sensibilité musicale afro-américaine, l'électrisant projet Transatlantic Roots met en tension le frottement de ces deux esthétiques. Le trio nous donne un regard singulier sur cette culture transatlantique .

L'album Transatlantic Roots sort le 20 août sur le label Vision Fugitive accompagné d'un livret de 40 pages de photos d'archives.

Transatlantic Roots
Transatlantic Roots

En concert : Le 8/10 à L'Ermitage à Paris - le 5/11à l'AJMI à Avignon - le 19/11 au Moulin à Jazz de Vitrolles -  le 20/11 à L'Osons Jazz Club de Lurs