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Antoine Berjeaut et Makaya McCraven lancent un pont entre Chicago et Paris

Publié lepar Catherine Carette
Photo de Gael Petrina
Photo de Gael Petrina

Avec "Moving Cities" le trompettiste et le producteur et batteur américain redéfinissent les contours du jazz.

L'idée de ce nouveau disque réjouissant, issu d’un laboratoire de création live du trompettiste Antoine Berjeaut est en lien avec la pochette réalisée par l'artiste plasticien Yann Bagot. Ici la typographie à l'ancienne des rues de Paris croisent le cadrillage des avenues de Chicago. 

Pour concrétiser ce projet, Antoine Berjeaut a fait appel à Makaya McCraven, un des chefs de file de la nouvelle scène jazz américaine, qui avait carte blanche pour remixer la matière sonore. Moving Cities, qui sort le 6 décembre sur le jeune label parisien I See Colors, met en lumière le paradoxe des sociétés modernes tiraillées entre l'action collective et la place de l'individu. Il témoigne d'un lien tissé entre les deux métropoles dont le fruit est un jazz en pleine révolution esthétique. Le single "The New Untitled (Potomac Avenue)" dévoilé ce jour, met en scène le son urbain de la ville des vents.     

J'ai voulu transcrire le Trafic Jam, le côté un peu rude de Chicago.

Le trompettiste a choisi des musiciens inventifs qui viennent d'horizons très différents. Il y a tout d'abord l'équipe française : "Julien Lourau, c'est le grand frère pour moi. Il est sur tous mes disques et vice-versa. Je trouve que c'est un des saxophonistes ténors les plus intéressants du jazz français, qui depuis le début, brouille les codes aussi". Arnaud Roulin (claviériste) plutôt électro, joue des synthés modulaires ; le guitariste Guillaume Magne (que l'on retrouve notamment aux côtés de la chanteuse Isabel Sörling) vient du folk ; le compositeur-interprète de musique électronique et de musique mixte Lorenzo Bianchi Hoesch, travaille à l'Ircam. Côté américain, McCraven à la batterie, le bassiste Junius Paul et le guitariste Matt Gold, tous deux déjà compères de scène du batteur. 

J'ai réuni un casting un peu improbable, pour faire du jazz mais d'une autre manière

Antoine Berjeaut - Photo de Jean-Baptiste Millot
Antoine Berjeaut - Photo de Jean-Baptiste Millot

La première rencontre entre Antoine Berjeaut et Makaya Mc Craven a eu lieu en 2014, juste après la sortie de l'album Wasterland du trompettiste qui mêlait déjà jazz contemporain, beat music et électro. Plus tard, ce dernier a invité Junius Paul et McCraven à faire quelques concerts à Paris puis avec Julien Lourau, il est allé jouer à Chicago. Le disque est le résultat de cet aller-retour. Aucun re-recording. Qu'elles soient en concert ou en studio, ce ne sont que des prises live. 

J'avais adoré le disque jaune de Makaya "In the moment". Je me reconnais complètement dans son approche de la production. J'ai vu la liberté qu'il avait dans la manière de couper les choses, les remixer, les échantillonner et les recontextualiser, c'est hyper original. Il a utilisé la matière un peu comme des samples. J'avais en tête des idées de son et il a mis la barre au dessus, quoi !