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Alain Jean-Marie rend hommage à la rêverie féminine avec "Pensativa"

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Lukmil Perez, Alain Jean-Marie, Darryl Hall - Photo de Xavier Demulder
Lukmil Perez, Alain Jean-Marie, Darryl Hall - Photo de Xavier Demulder

L'illustre pianiste mêle jazz et biguine en trio avec Darryl Hall et Lukmil Perez Herrera.

Élégant pianiste aux multiples récompenses internationales, le très discret Alain Jean-Marie s'est imposé comme un artiste majeur du be-bop. On le dit même un des dépositaires du Jazz Biguine BeBop. Aujourd'hui, avec toute la richesse harmonique et mélodique qu'on lui connait, il nous plonge dans une douce méditation aux parfums caribéens. Choisis majoritairement dans la bible des standards de jazz comme You Don’t Know What Love Is ou You Are My Everything ainsi que dans le répertoire de grands jazzmen contemporains, les douze morceaux éclairent le secret abandon féminin. Tout comme Morena's, rêverie qu'il avait composé pour sa compagne, la chanteuse Morena Fattorini, le titre éponyme Pensativa nous incite à porter le regard sur les horizons lointains :  

Né en 1945 à Pointe-à-Pitre, d'un père martiniquais et d'une mère guadeloupéenne, Alain Jean-Marie s'est mis au piano à l'âge de huit ans pour jouer dans les bals biguine. En 1967, il s’envole pour le Canada avec le Martiniquais Marius Cultier et revient en Guadeloupe en 1970 avant de s'installer à Paris trois ans plus tard. En 1969, il enregistre Piano Biguines, et vingt ans plus tard, le premier enregistrement de la saga Biguine Reflections où il revisite des grands classiques “wabap” (la nouvelle biguine inventée au début des années cinquante par Al Lirvat et Robert Mavounzy dans le sillage du be-bop). On se souvient aussi de l'album Latin Alley avec le contrebassiste danois Niels Henning Ørsted Pedersen, de Dream Time avec le saxophoniste Barney Wilen, ou encore de son disque solo Afterblue pour lequel il recevait le prix Boris Vian de l’Académie du Jazz « Meilleur album de jazz français ».  

Alain Jean-Marie - Photo de Jacky Cellier
Alain Jean-Marie - Photo de Jacky Cellier

On vous recommande le documentaire réalisé par Alexandre Lourié en 2006 qui révèle un peu de la personnalité discrète d'Alain Jean-Marie. Comme dit  le saxophoniste Pierrick Pédron : "Tout le monde l'admire mais personne ne le connait".

Sideman recherché pour son toucher subtile et son assise rythmique, Alain Jean-Marie a joué avec tout le gotha du jazz. Chet Baker, Lee Konitz, Abbey Lincoln, Art Farmer, Max Roach, Barney Wilen, Christian Escoudé, Dee dee Bridgewater, Henri Texier, Aldo Romano, Ricardo del Fra, Sarah Lazarus, Patrice Caratini ... Aujourd'hui, aux côtés du batteur et percussionniste cubain Lukmil Perez et du contrebassiste américain Darryl Hall, il donne le meilleur de sa douce mélancolie, sans ostentation.