Menu
Écouter le direct

Swamp Dogg avec Justin Vernon sur "Good, Better, Best"

Publié lepar Guillaume Schnee
Jerry Williams Jr. alias Swamp Dogg / photo David McMurry
Jerry Williams Jr. alias Swamp Dogg / photo David McMurry

Vétéran et héros burlesque de la Southern soul, l'artiste rend hommage à la country de son enfance sur l'album "Sorry You Couldn’t Make It".

Avec le succès de Love, Loss, and Auto-Tune il y a deux ans le chanteur et songwriter soul de 77 ans s'est offert un énième retour sur scène lui qui semble avoir déjà vécu mille vies artistiques. Toujours sous son alias délirant Swamp Dogg, Jerry Williams Jr. s'est ensuite posé à Nashville avec le producteur Ryan Olson (Poliça) pour graver un voyage country soul dans le temps. Celui de sa jeunesse, quand il chantait pour la première fois, à six ans, sur scène ou qu'il écoutait les disques country de son grand-père à Portsmouth. Plus posé, son nouvel album Sorry You Couldn’t Make It a été enregistré avec quatorze musiciens et quelques invités comme Chris Beirden (Poliça), Sam Amidon, Jenny Lewis, son collaborateur Moogstar ou son vieil ami John Prine, légende du genre. Swamp Dogg retrouve aussi Justin Vernon (Bon Iver) sur plusieurs titres dont le groovy Good, Better, Best dévoilé aujourd'hui :

Vous avez sans doute remarqué que j’utilise beaucoup de cuivres dans ma musique. Mais en fait, si vous écoutez bien mes disques, avant de commencer à y mettre tout pleins de merde, je suis country. Je sonne country.

Dans la longue histoire de la soul américaine Jerry Williams Jr. tient de l'anti-héros magnifique. Chanteur précoce, il enregistre son premier 45t à 12 ans, le natif de  Portsmouth était promis à un avenir radieux après plusieurs succès. Victime du système ségrégationniste de l'industrie du disque et de ses prises de positions politiques, il se choisit un avatar excentrique et flamboyant, à l'instar de screamin’ jay hawkins, qu'il nomme Swamp Dogg. 

Depuis Total Destruction To Your Mind, paru en 1970, le "chien des marais" a enregistré plus de vingt albums, jouant avec beaucoup d'autodérision aux justiciers psychédéliques. Une plume féroce au service des oubliés de l'Amérique et une appétence à tordre tous les codes musicaux et politiques comme sur son précédent album Love, Loss, and Auto-Tune où il détourne avec malice le fameux correcteur vocal. Les chansons de son nouvel album sont des histoires d’amour, le genre qui transcende la mort, sur le manque de l’être cher, la compassion, la famille et les amis.  Le plus gros hit était déjà une chanson country dans les années 70 Don’t Take Her (She’s All I got). Souhaitons à l'album Sorry You Couldn’t Make It le même succès.