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Le gospel volcanique de Fantastic Negrito

Publié lepar Ghislain Chantepie
Tarriona "Tank" Ball & Fantastic Negrito | Cooking Vinyl
Tarriona "Tank" Ball & Fantastic Negrito | Cooking Vinyl

Le bluesman d’Oakland invite l’éclatante Tarriona Ball dans un superbe clip de son nouvel album studio.

Fantastic Negrito peut avoir le sourire. Auréolé l’an dernier d’un Grammy Award couronnant son second album Please Don’t Be Dead, le bluesman d’Oakland entend battre le fer dès cet été avec un nouvel opus annoncé pour le milieu du mois d’août. Désormais jeune cinquantenaire, Xavier Dphrepaulezz de son vrai nom n’a pourtant pas toujours eu la chance de son côté. Son parcours artistique se confond ainsi avec une histoire personnelle tragique, celle d’un multi-instrumentiste surdoué qu'on croyait perdu après un terrible accident de voiture au tournant du siècle, le laissant dans le coma durant plusieurs semaines.

15 ans plus tard et après des années de rééducation difficile, Fantastic Negrito perçait soudainement avec la sortie de The Last Days Of Oakland, un disque majestueux en forme d’ode à toutes les nuances de la musique afro-américaine et récompensé par un premier Grammy en 2017. Attendue sur le label Cooking Vinyl, la suite de ses fulgurances s’intitule Have You Lost Your Mind Yet? et se distille progressivement depuis le printemps au travers d’extraits très prometteurs. Sur le troisième d’entre eux dévoilé aujourd’hui, Fantastic Negrito fait ainsi la paire avec sa compatriote Tarriona "Tank" Ball, éclatante leader du combo de la Nouvelle-Orléans Tank and The Bangas.

Cette meneuse d’hommes dégage depuis ses débuts une sincérité, une énergie et une facétie à faire pâlir bien des rock-stars. Avec son orchestre de poche, elle combine ainsi le funk au rock, le rap au spoken-word dans un cocktail à la fraîcheur vivifiante vérifié en live lors de son passage aux Trans Musicales de Rennes il y a trois ans. Aux côtés de Fantastic Negrito, la chanteuse mêle aujourd'hui son charisme à l’énergie du bluesman, offrant à ce I’m So Happy I Cry écrit au lendemain de la mort du rappeur Juice Wrld les allures d’un gospel volcanique. Fantastique, en effet.