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Le funk somalien de Dur Dur Band

Publié lepar Guillaume Schnee
Eise Dahir Qasim (Clavier)  de Dur Dur Band International / DR
Eise Dahir Qasim (Clavier) de Dur Dur Band International / DR

Après la réédition par le label Analog Africa de ses deux premiers albums, le groupe phare de l’âge d’or du Mogadishu Funk continue le combat.

Avant que la Somalie ne sombre dans plusieurs décennies de guerres fratricides et d'obscurantisme meurtrier, Mogadiscio a été pendant des siècles une cité phare de l'océan indien. Dans les années 70 et 80, la Corne de l’Afrique vibrait aux sons du Mogadishu Funk de la ville côtière qui mêlait les musiques traditionnelles somaliennes comme la musique spirituelle Sarre ou le Daantho avec le funk, la soul, le disco ou le reggae. Parmi tous ces groupes qui faisaient groover les clubs de la capitale, le Gor-Gor Band devenu le Dur Dur (printemps en Somali) a rayonné bien au-delà des frontières. 

Fondé en 1984 par le claviériste Isse Dahir Qassin et les musiciens les plus avant-gardistes de la ville comme le bassiste Ujeeri et le batteur du Bakaka Band, Handal, les membres du groupe ont fui le pays pour se réfugier en dehors de la Somalie, principalement en Afrique de l’Est et en Europe. À l’époque, beaucoup avaient été exécutés ou assassinés par les factions religieuses pour leur amour de la musique, de l’art et de la culture. En 2018, le label Analog Africa rééditait les deux premiers albums du groupe enregistrés en 1986 et 1987; Dur-Dur of Somalia – Volume 1 et Volume 2 sont en écoute ici :

Le combo renaît de ses cendres aujourd'hui sous le nom de Dur Dur Band International. Un collectif, basé à Londres et composé de certains des membres fondateurs d'origine, tels que le légendaire bassiste Abdillahi Ujerry, ainsi que de Mohamaed Karama, Qomal, Omar Teesiyow, y compris les légendaires musiciens Saleh Hariri, Nabil, Ali Atore, Yusuf Nagi et Said Hussein du groupe national Waaberi. Une tournée est annoncée en France en 2020.