Menu
Écouter le direct

Trans Musicales : 30 groupes à ne pas rater cette année

Publié lepar Ghislain Chantepie
Les Londoniennes de Los Bitchos sont attendues aux Trans | DR
Les Londoniennes de Los Bitchos sont attendues aux Trans | DR

Le grand barouf hivernal des musiques actuelles prend ses quartiers à Rennes le 4 décembre prochain. Tour d’horizon des promesses et des valeurs sûres de cette nouvelle édition.

Décembre, son verglas, ses bûches et… ses Trans Musicales. Tel le reflux des marées voilà maintenant 40 ans que la transhumance vers la capitale bretonne se répète inlassablement, même si la toute première édition (estivale) de 1979 a laissé place à un rendez-vous solidement installé aux prémices de l’hiver. Avec près de 60.000 spectateurs au compteur pour célébrer leur édition anniversaire, les Trans ont soufflé dignement leurs bougies l’an dernier, misant une fois de plus sur la confiance du public dans les choix du programmateur en chef Jean-Louis Brossard, tête chercheuse inoxydable et âme musicale du festival.

Pour son entrée dans la quarantaine, le dépassement des frontières préside encore et toujours à la programmation annoncée par ce grand barouf hivernal des musiques actuelles. Pas loin de 90 groupes de tous horizons sont ainsi attendus à Rennes le temps d’un gros weekend, provenant d’une cinquantaine de pays différents avec un bon tiers de formations hexagonales dont de nombreuses premières scènes. Et après le retour sur scène du vétéran Diziz l’an dernier, c’est l’icône pop Étienne Daho qui tiendra le haut de l’affiche à Rennes quatre décennies après avoir foulé la scène des toutes premières Trans. Derrière lui, des dizaines de promesses sortiront encore de l’ombre dans la moiteur glacée des vastes halls du Parc des expositions de la capitale bretonne. Pour ne pas les rater, voici notre tour d’horizon de 30 espoirs et valeurs sûres à suivre particulièrement cette année.

C’est l’un des points les plus saillants de la programmation des Trans cette année : le retour en force du rap sous toutes ses formes. Rarement on a vu à l’affiche du festival rennais autant de formations d’obédience hip-hop alignées sur une même édition, preuve s’il en fallait encore que le genre musical le plus écouté sur cette planète propose aujourd’hui une production alternative aux mille facettes. Parmi celle-là, on ira volontiers voir les Espagnoles de Tribade, trio d’activistes qui secouent rap et reggaeton sur des textes bien acérés. Mais aussi la coqueluche du rap ukrainien Alyona Alyona, ancienne institutrice devenue star en quelques mois dans son pays grâce à quelques clips explosifs. Dans une veine plus pop, le R’n’B de Velvet Negroni devrait également faire sensation ainsi que le broken-rap de la protégée de Modselektor Catnapp. Très loin de là, l’étonnant projet du joueur de tabla japonais U-Zhaan allié aux rappeurs Roy et Dopeness méritera aussi clairement le détour.

Mais aussi : Art Melody (Burkina Faso), Meloman & Mani (Rennes), Edgar (Brésil).

Pour faire grimper le thermomètre dans l’obscurité du Parc des expositions, les Trans n’ont jamais lésiné sur une programmation au groove assumé, quitte à la convoquer jusqu’à l’autre bout de la planète. Ce sera encore le cas cette année avec le cocktail savoureux de cumbia, afro-funk et musiques caribéennes du collectif japonais Minyo Crusaders qui offrira en live sa potion de jouvence servie par l'énergie d’une dizaine de musiciens. Mais aussi la soul afro-latin de Gilberto Rodriguez y Los Intocables, un projet hypnotisant mené par ce guitariste californien fan de cumbia. Pour les nostalgiques d’un son à l’ancienne, la soul vintage de Joey  Quinones & They  Sinseers devrait faire office de voyage au long cours dans l’âge d’or des productions du siècle dernier.

Mais aussi : Maverick Sabre (Irlande), James Eleganz (France).

Souvent affutées dans le champ des musiques électroniques, les Trans marquent un nouveau point cette année avec le retour sur scène des cinq d’Acid Arab. Quelques années après avoir embrasé la clôture du festival, le collectif franco-algérien qui a popularisé dans l’Hexagone la rencontre entre musiques électroniques et orientales revient y présenter un nouveau live empreint de raï bionique. Sous forme de ricochet depuis l’autre rive, le Libanais Hadi Zeidan devrait quant à lui offrir à la fosse de la Green Room des effluves moyen-orientales captivantes entre house et disco moderne. 

A ne pas rater non plus le quartet congolais de Bantou Mentale, spin-off des mystérieux Mbongwana Star et nouvelles pépites du magma fusionnel qui anime depuis bien des années la scène de Kinshasa. Et pour les amateurs de transe, la rencontre improbable entre l’orchestre traditionnel haïtien Chouk Bwa et le duo de producteurs bruxellois The Ångströmers devrait détonner avec son dub vaudou, réplique un an après à la leçon d’endurance percussive offerte par le quator ougandais Nihiloxica.

Mais aussi : Acido Pantera (acid-house tropicale), DC Salas (Bel - Pérou), Marc Rebillet (USA), Djedjetronic (France)

L’ailleurs, c’est le grand sujet des Trans Musicales de Rennes. Comment croiser la géographie et les traditions musicales au point de brouiller les pistes et dépasser toute classification ? Il suffira pour y parvenir cette année d’aller voir le saxophoniste des Dap-Kings Cochemea présenter en live son spiritual-jazz amérindien, inspiré par ses ancêtres Yaquis et Apaches. Mais aussi le desert-blues de Sahra Halgan, voix emblématique du Somaliland qui sera entourée sur scène par ses deux musiciens lyonnais. 

Côté sono mondiale, le funk asiatique des Hollandais Yves Lennertz et Kees Berkers réunis sous le nom de Yīn Yīn devraient en faire bouger plus d’un, nouvelle promesse des amis du label Bongo Joe. De même que les cinq londoniennes de Los Bitchos et leur cumbia psychédélique. On ira également jeter une oreille à la jeune Californienne Claude Fontaine qui mêle bossa nova et rocksteady dans une potion diablement vintage.

Mais aussi : SONGØ (France / Afrique du Sud / Burkina Faso)

Les guitares avaient fait passer les Trans dans le rouge l'an dernier, emmenées par la jeunesse et l’énergie de formations électriques telles que Bodega ou Psychotics Monks. Si le rock parait moins massif dans la programmation des Trans cette année, la rencontre entre punk, dub et reggae des Américains de Megative devrait remporter des suffrages, sous forme de lointain écho au Sandinista! des Clash. Toujours sur un angle rétro, le garage sixties du gang montpelliérain des Grys-Grys devrait lui aussi donner un coup de fouet aux amateurs de psychédélisme version King Gizzard & the Wizard Lizard.

BrendanMonroe2019
BrendanMonroe2019

Rencontres Trans Musicales de Rennes     
Du 04 au 08 décembre 2019   Pass 3 jours : 69 euros   Plus d'infos sur Les Trans.com