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Nicolas Repac dévoile "Petit Bocalin", une parole libre depuis la prison de Fleury

Publié lepar Catherine Carette
Nicolas Repac - Photo d'Emma Pick
Nicolas Repac - Photo d'Emma Pick

Grâce à des ateliers d'écriture menés par Sollex et Nëggus avec des détenus, le poly-instrumentiste et génial bidouilleur sort "Fleury", un nouvel album poignant.

Le guitariste, interprète, compositeur, arrangeur, producteur, adepte des samples et des machines Nicolas Repac est un touche-à-tout autodidacte qui approche la musique de manière ludique. Partenaire d'Arthur H ( L'Or Noir, L'Or D'Eros) depuis de longues années, on lui doit quelques albums en nom propre, et notamment l'étonnant et réjouissant Swing Swing commis avec Mamani Keita. Passé maître dans l'art du métissage, il aime mélanger poésies et lectures, musiques improvisées et chansons, tactile et digital, créant des accidents et des surprises. Toujours en quête de nouvelles collaborations artistiques, après l'album Black Box, inspiré des travaux de collectage de l’ethno-musicologue Alan Lomax, il poursuit aujourd'hui ce processus de création avec quelques détenus de la prison de Fleury Mérogis afin de faire surgir leur poétique à nu.  

De cette grande et belle aventure humaine jaillit une émotion brute qui ne peut être verrouillée, comme en témoigne le titre Petit Bocalin, à découvrir en avant-première. Balafons mandingues et mbira y portent le spoken-word de San-Go Jack qui raconte le combat de sa mère et le sien, sur la route de tous les dangers, de la Gambie à Paris : 

Le projet a commencé avec les ateliers d'écriture organisés à la maison d'arrêt par Romain Lefrançois alias Rollex, fer de lance d'une chanson populaire engagée et le rappeur et slameur Nëggus. Touché par l'idée même de cet engagement politique et artistique, Nicolas Repac a accepté d'être le concepteur sonore de ce collectif singulier qui devrait donner naissance à une parole vraie. Pour se faire, la rappeuse française Casey, marraine du projet, est venue soutenir le travail d'écriture et d'oralité des jeunes détenus. L'intention de l'équipe artistique fut très vite de laisser s'exprimer "les forces et les faiblesses de chacun, ses qualités et ses défauts, ses limites, ses inhibitions, ses souffrances et ses névroses mais aussi ses fulgurances et la richesse de son vécu".

Entre rap, chanson et poésie, boîte à rythmes, gimmicks de guitare et de piano, percussions et autres instruments non identifiés, Fleury porte la parole d'une dizaine de prisonniers de toutes origines nourris au hip hop et aux musiques urbaines. En dévoilant leur solitude, leurs remords, leur hargne, leur souffrance, leurs révoltes et les rêves qui les habitent, Bandéé, The Notche, Bogota, Noxbé, Dayssou, Attilah, San-Go Jack, Azding, ABD, Saïï-Saïï et Fleury donnent corps à la force vitale enfouie en eux.  

Assieds-toi, faut qu'j'te parle, je sais qu'tu vas mal. Faut qu'tu gardes le moral, je s'rai toujours là, man. 

Fleury sort le 27 mars chez l'Autre Distribution / Mix et Métisse label / Jarring Effects label