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Avec Sampa The Great, l’audace posthume de Tony Allen

Publié lepar Ghislain Chantepie
Tony Allen | Bernard Benat & Navire Argo
Tony Allen | Bernard Benat & Navire Argo

L’ultime album du légendaire batteur nigérian continue à se dévoiler avec un second titre frénétique où brille la jeune rappeuse zambienne.

C’était il y a bientôt un an. Le 1er mai dernier disparaissait à Paris le deuxième père de l’afrobeat, le légendaire Tony Allen. Compagnon de studio et de scène de son compatriote Fela Kuti, le batteur nigérian avait développé ce genre à part entière au tournant des années 70, musique hypnotique et répétitive mêlant le style highlife, la polyrythmie yoruba, le jazz, le funk et qui devint un des courants fondamentaux de la musique africaine du 20e siècle. Celui que Brian Eno qualifiait de « meilleur batteur ayant jamais vécu » avait, ces dernières années, choisi de célébrer ce jazz qui l'avait inspiré dans sa jeunesse en enregistrant en 2017 un disque en hommage au légendaire batteur Art Blakey et à ses Messengers suivi de l'album The Source, chef d'œuvre du genre enregistré en analogique avec la crème des jazzmen français.

Devenu une figure tutélaire malgré lui, Tony Allen avait également choisi de transmettre et partager ses intuitions rythmiques avec une nouvelle génération de musiciens talentueux, particulièrement issus de la scène hip-hop. C’était le sens, déjà, du morceau How Far dévoilé par Damon Albarn quelques jours après l’annonce de son décès et qui invitait au micro le pionnier du grime Skepta. Ce titre enregistré quelques semaines avant la mort du batteur apparait aujourd’hui comme un prélude à There Is No End, un album posthume de Tony Allen dont la sortie est prévue le 30 avril prochain par le label Blue Note.

Après un premier extrait dévoilé le mois dernier avec de nouveau au micro Skepta en tandem avec le Nigérian Ben Okri, c’est avec la reine du rap zambien Sampa The Great que se découvre un peu plus aujourd’hui ce nouveau disque coproduit par l’incontournable Damon Albarn. Plus sombre que son prédécesseur, ce Stumbling Down mêle les baguettes du batteur avec le flow toujours aussi fluide de la chanteuse signée chez Ninja Tune. Dans cette mixture dans laquelle le tempo malaxe l'organique et le futurisme, Tony Allen propulse ses rythmiques dans l’avenir et semble comme passer le flambeau à une nouvelle étoile. 

« Oncle Tony a été impliqué dans le changement de la façon dont la musique africaine a été entendue et ressentie, et il m'a constamment inspiré pour apprendre et développer ma musique »